«Nous avons tout à gagner à travailler avec des structures agiles»

14/03/2016
Juliette de Maupeou, responsable Digital industriel

La sélection des start-up qui intègreront le nouvel incubateur de Total « Usine 4.0. » s’ouvre aujourd’hui ! Trois sessions entre la France et les États-Unis au cours desquelles les jeunes pousses devront « pitcher » leurs idées devant le jury. Seules dix d’entre elles seront choisies pour accélérer l’introduction des technologies digitales dans nos activités industrielles. Retour sur le lancement de l’incubateur Usine 4.0. avec Juliette de Maupeou, responsable du Digital industriel au sein du Groupe.

Sur quoi travailleront les start-up qui seront incubées dans l’Usine 4.0 ?

Juliette de Maupeou / L’incubateur que nous allons lancer est le premier à travailler sur le thème du digital industriel. Cela veut dire que nous attendons des start-up candidates qu’elles proposent et développent des produits ou services qui préfigureront l’usine du futur. Concrètement, nous allons retenir une dizaine de start-up qui auront imaginé des solutions digitales innovantes autour de deux axes pouvant apporter de la valeur aux activités industrielles de Total : l’optimisation des installations et l’opérateur « augmenté ». Le digital n’est pas une fin en soi mais un levier capable d’agir sur trois plans : l’amélioration de la sécurité, la performance opérationnelle et la réduction des coûts.

Pourquoi faire appel à des start-up pour avancer sur ce sujet ? Et pourquoi maintenant ?

J. de M. / Pour le Groupe, il est intéressant de voir comment ces jeunes pousses regardent nos processus industriels, où elles y voient des opportunités, des besoins et je dirais même des « points de douleur ». Nous attendons d’elles un regard neuf et une approche sans tabou. Enfin, nous avons tout à gagner à travailler avec ces structures agiles qui ont très vite quelque chose à montrer au client. Un produit, un démonstrateur qui permet de confirmer le besoin et d’avancer plus rapidement. Mais cela ne veut pas dire que nous n’avançons pas en interne. Plus de 70 initiatives au sein du Groupe ont déjà été recensées sur le digital industriel ! Avec toute cette matière, nous sommes en train de constituer une feuille de route à horizon 2020 et avons pour cela, lancé une démarche de co-construction avec des managers opérationnels, toutes branches confondues, sur le sujet.

Comment se déroulera le programme d’incubation ?

J. de M. / Chaque start-up commencera par une phase d’observation et d’échanges de six mois durant laquelle elle pourra mettre son concept à l’épreuve des besoins métiers, sous la houlette d’un mentor de Total. Ensuite, si l’intérêt pour son offre et son adéquation avec nos besoins sont confirmés, elle entrera dans une phase de réalisation de son pilote, adapté à un site mais dont l’objectif sera bien d’être répliqué partout où cela est possible. Aujourd’hui, nous assistons à un foisonnement d’idées, mais peu d’entre elles prennent réellement forme. L’incubateur est là pour accélérer le déploiement d’outils digitaux au sein du Groupe en parvenant à des actions concrètes, créatrices de valeur. Il est important d’imaginer l’usine du futur, mais il est tout aussi important d’accélérer la réalisation de projets concrets dès à présent.

En 2030, à quoi pourrait justement ressembler cette usine du futur, telle que vous la voyez ?

J. de M. / C’est tout l’enjeu de la démarche engagée de pouvoir en dessiner les grandes lignes. Cela étant dit, j’insiste sur le fait que le digital n’est pas une fin en soi mais bien un moyen d’atteindre nos objectifs industriels. Enfin, l’usine du futur ne sera pas seulement plus digitalisée, elle prendra aussi mieux en compte l’environnement, l’efficacité énergétique et l’acceptabilité sociale.