« Start-up et grands groupes unissent leurs forces pour innover »

13/10/2017

Grands groupes recherchent idées nouvelles. Jeunes pousses recherchent terrain d’expérimentation en conditions réelles.

Les faire se rencontrer, c’est l’objet de l’Incubateur Usine 4.0, un concept innovant développé par Total depuis 2016. Il permet aux start-ups d’éprouver leurs technologies dans des conditions réelles, chez des grands groupes en recherche de solutions applicables et concrètes.

Pour sa deuxième édition, Total s’est entouré de 5 groupes industriels de premier plan pour enrichir son offre d’incubation. Au terme d’un processus de sélection de plusieurs mois, 5 start-ups vont pouvoir mettre en œuvre leurs solutions techniques dans les usines de Total, Solvay, AREVA, Eiffage, Air Liquide et VINCI Energies.

« Pour les start-ups retenues c’est une opportunité de mettre à l’épreuve leurs technologies, en les faisant passer au stade de l’application », explique Eric Duchesne, directeur des technologues et président du jury de sélection 2017. Explications.

Cette année, d’autres acteurs industriels majeurs font partie du jury qui a sélectionné les 5 start-ups retenues, en quoi est-ce important qu’ils participent au projet ?
E. D. /
Total a en effet organisé seul la première édition. Cette année, cinq partenaires nous ont rejoints, séduits par ce concept : Eiffage, Air Liquide, Solvay, VINCI Energies et AREVA. Cela offre aux start-ups de plus nombreux débouchés en matière d’environnement d’incubation et plus d’appuis potentiels. Pour Total, c’est l’occasion de confronter ses idées avec ses partenaires industriels, avec lesquels nous nous sommes trouvé des problématiques communes et une envie de mutualiser nos travaux autour de cette initiative. Nous disposons de l’appui d’Impulse Lab, qui nous apporte un lieu d’incubation et une liberté de parole très précieuse pour les start-ups dans leurs échanges avec les grands groupes. C’est donc de l’open innovation à plusieurs égards : nous échangeons avec les start-ups, avec Impulse Lab et avec nos partenaires.

Comment organiser le travail, avec tant d’acteurs industriels concernés par des problématiques potentiellement différentes ?
E. D. /
Nous avons des enjeux communs : comment rendre nos opérations plus sûres, plus efficaces, en réduisant les coûts ? Nous avons donc demandé à ces start-ups de réfléchir sur un thème unique, celui de la mesure et de nous proposer des solutions concrètes dans quatre domaines : la détection acoustique de fuites ou d’anomalies, le monitoring de la corrosion, les mesures de débit via des instruments non invasifs et les indicateurs de positions de vannes manuelles. Nous avons élargi notre recherche à des start-ups qui puissent nous présenter un projet déjà avancé à l’état d’outil et pas simplement un concept ou un prototype. Celles avec une expérience à l’internationale ont retenu toute notre attention.

Comment faire le tri ?
E. D. /
Sur la thématique définie, nous leur imposons par ailleurs un défi : que leurs propositions ne se limitent pas à traiter des données, mais qu’elles puissent également en générer de nouvelles. Le 22 septembre, nous avons donc reçu ces 9 équipes de jeunes entrepreneurs – sur trente dossiers épluchés – pour qu’elles défendent leurs solutions. Nous en avons retenu cinq : Distran, Disruptive Technologies, Remedial Performance, Orelia et Aloxy.

Que va-t-il se passer se passer maintenant pour les entreprises retenues ?
E. D. / L’objectif est maintenant de les envoyer sur nos sites (et sur ceux de nos partenaires) avec l’appui d’un parrain pour entamer la phase concrète de mise en œuvre. Cela passera par le développement de ce qu’on appelle un Proof of Concept (PoC), autrement dit une preuve de la validité de leur solution. Ce PoC n’est qu’une étape : s’il est probant, tout l’enjeu est alors de déployer la solution sur d’autres sites, dans toutes nos branches, où elle sera également pertinente tant techniquement qu’économiquement. En tant que président du jury 2017, je peux dire que nous aurons pleinement réussi cette session, si dans les deux ans, nous parvenons à adopter définitivement une solution, puis à la déployer sur de nombreux sites industriels.