En 2003, le Burkina Faso était encore l'un des pays les plus touchés par le VIH/Sida d’Afrique sub-saharienne, avec une séroprévalence de 4,2 % parmi la population adulte1. En ligne avec la volonté nationale de combattre l’épidémie, Total Burkina a décidé alors de réagir rapidement, vigoureusement et durablement pour venir en aide à ses salariés et à leurs familles.
Description du programme de lutte contre le VIH/Sida
Les enquêtes menées avant le lancement du programme ayant révélé une profonde ignorance du sujet, le programme en 2003 a été organisé autour de trois volets :
- la sensibilisation des salariés et de leurs proches,
- la promotion du dépistage volontaire et anonyme,
- la prise en charge et l’accès aux soins des salariés séropositifs et de leurs ayants droit.
Deux partenaires locaux spécialisés dans la lutte contre le VIH/Sida, l’ONG Kasabati et un médecin-conseil, ont été retenus pour accompagner l’action de la filiale. Un comité Sida de huit salariés a été mis en place pour assister l’association Kasabati dans l’élaboration du programme et centraliser les observations et les suggestions des collaborateurs. Cet effort collégial a permis un déploiement sans heurt du programme, tout en favorisant la coopération des salariés. Un album détaillant les différentes étapes du projet a été mis à la disposition des autres filiales de Total. De nombreuses entreprises dans le pays sollicitent par ailleurs le concours de Total Burkina pour concevoir et déployer un programme similaire.
Le programme de Total Burkina a été nominé en 2006 parmi les 5 meilleurs programmes retenus dans la catégorie « actions sur le lieu de travail », lors d’un award organisé par The Global Business Coalition Against Aids.
Sensibilisation des salariés et de leurs ayants droit
Les programmes de sensibilisation ont joué un rôle informatif très important auprès des salariés, les aidant à prendre confiance et à changer d’attitude. Ainsi encouragés, ils ont osé aborder la question du VIH/Sida au sein de leurs communautés. A l’occasion des ateliers organisés par l’association Kasabati, des personnes atteintes du VIH/Sida ont été invitées à partager leur expérience. Ces échanges directs, très bien accueillis par les participants, les encouragent à se prêter à un test de dépistage. Des ateliers ont été organisés pour les enfants (pièces de théâtre, jeux de rôle...) afin de susciter leur intérêt et leur curiosité, en abordant de manière ludique les problèmes qu’ils peuvent rencontrer au quotidien.
Promotion du dépistage volontaire et anonyme
Une déclaration de principes a été remise à l’ensemble du personnel par la direction de Total Burkina afin de rappeler l’engagement de l’entreprise dans la lutte contre le VIH/Sida et de garantir le respect de la plus stricte confidentialité. Un dispositif ad hoc de dépistage volontaire, anonyme et confidentiel a été créé. Total Burkina a eu l’idée de louer une unité mobile équipée du matériel nécessaire pour réaliser des tests de dépistage volontaire et anonyme dans ses bureaux de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso auxquels se sont soumis bon nombre de salariés. A fin 2006, ce sont 70% des salariés de Total Burkina qui avaient fait le test de dépistage volontaire et 5% des ayants droit.
Prise en charge des salariés séropositifs et de leurs ayants droit
La couverture des soins destinée aux personnes atteintes du VIH/Sida a été clairement précisée, tant pendant le maintien dans l’entreprise qu’après le départ à la retraite. La prise en charge des employés séropositifs et de leurs ayants droit est entièrement supportée par Total Burkina au titre de sa politique sociale.
Pour Total Burkina, le renforcement du programme de lutte contre le VIH/Sida permet :
- d’assurer la responsabilité sociale de l’entreprise,
- de mettre en confiance les employés face à la problématique du VIH/Sida,
- de détecter au plus tôt la maladie, et de faire bénéficier des traitements les employés et leurs ayants droit.
Désormais, la filiale a pour objectifs de faire progresser le taux de participation des ayants droit aux tests de dépistage et d’étendre ces tests aux chauffeurs des transporteurs travaillant pour Total Burkina, une population particulièrement à risque d’après différentes études réalisées.
1 Selon une étude réalisée à la demande du Conseil national de lutte contre le Sida et les maladies sexuellement transmissibles, le taux de prévalence du VIH serait stabilisé à 2%. Le Burkina a adopté en 2005 un plan 2006-2010 dont l’objectif est de ramener le taux de prévalence autour de 1%. |