Richard Lanaud
Président du Comité d'éthique
Comment fonctionne le Comité d’éthique de Total ?
Nous sommes cinq membres, représentant les différents secteurs d’activité du Groupe : la Holding, l’Exploration & Production, le Gaz & Energies Nouvelles, le Raffinage & Marketing, la Chimie. Nous avons pour mission de sensibiliser les femmes et les hommes de Total aux principes édictés par le Code de conduite, et de vérifier la bonne application de celui-ci. En même temps, nous jouons le rôle d’une instance de recours pour les problèmes éthiques rencontrés dans le cadre professionnel. A cet effet, nous avons accès à toutes les informations et nous pouvons solliciter tous les concours nécessaires pour instruire les dossiers qui nous parviennent, tout en restant indépendants des autres structures du Groupe.
On reproche souvent aux entreprises de se prévaloir d’un discours éthique sans forcément se soucier de sa mise en oeuvre au quotidien. Qu’en est-il chez Total ?
Lorsque le Comité d’éthique a été mis en place en 2001, sa priorité a été de se doter d’outils et de référentiels dont le Code de conduite constitue le pivot. Dans cette phase de démarrage, la communication interne était importante, ne serait-ce que pour faire connaître l’existence même de la démarche. Mais nous n’en sommes pas restés là, l’essentiel étant en effet de faire vivre notre Code de conduite. Dès 2002, Total a mis en place une démarche de vérification éthique par un organisme extérieur, qui a été confiée à la société d’accréditation éthique britannique GoodCorporation.
A la fin de 2007, 47 de nos sociétés avaient déjà fait l’objet d’une telle évaluation. Des séminaires de formation favorisent la compréhension puis l’application du Code de conduite et de ses implications dans chacune des branches de métier. Enfin, pour mieux faire connaître la démarche aux salariés, nous avons lancé en 2005 un site intranet dédié à l’éthique : il détaille les axes d’action et regroupe les principaux textes relevant de l’éthique.
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Evaluation, formation, sensibilisation... quelles sont les prochaines étapes de votre action ?
Nous veillons particulièrement à rendre notre Code de conduite accessible dans un nombre croissant de pays. Cela suppose d’en faciliter la lecture interculturelle et d’en simplifier la diffusion locale. Le Code de conduite est aujourd’hui disponible en 16 langues et continue à être déployé. Nous prévoyons d’augmenter encore le nombre de traductions disponibles en 2008.
Par ailleurs, nous menons des réévaluations dans certaines de nos filiales afin d’évaluer les progrès accomplis depuis la première évaluation. En 2007, six entités ont été évaluées et trois réévaluées. Un nouveau module a été expérimenté début 2008 pour l’évaluation des nouvelles filiales dès leur création. Nous poursuivons également la mise en place d’une procédure d’autoévaluation, pour permettre aux entités du Groupe de mesurer par elles-mêmes leur degré de respect du Code de conduite. La pratique de l’autoévaluation accélère le processus de mesure et d’analyse des comportements éthiques du Groupe et permet l’identification de bonnes pratiques, que nous diffusons progressivement sur notre intranet.
Et qu’en est-il du whistleblowing, ce “déclenchement d’alerte” selon la formulation française ?
Tout collaborateur de Total a la possibilité de saisir le Comité d’éthique pour informer l’entreprise sur d’éventuelles pratiques qu’il juge non conformes au Code de conduite, et ce, en toute confidentialité. Les questions que peut soulever cette procédure sont assez souvent abordées dans nos séminaires : nombreux sont ceux qui souhaitent mieux connaître la frontière entre ce qui relève de la dénonciation, attitude considérée comme plutôt répréhensible dans notre culture, et ce qui est de l’ordre du devoir d’alerte au regard d’une situation à risque d’un point de vue éthique : non-respect des règles, des standards, etc.
Nous ne favorisons aucunement la dénonciation, c’est évident. En revanche, très clairement, nous cherchons à tout mettre en œuvre pour qu’un salarié confronté à une situation qu’il ne juge pas correcte d’un point de vue éthique, puisse s’en ouvrir au Comité d’éthique, en toute sécurité et en toute confiance.
Suite à la loi Sarbanes-Oxley, la saisine a été étendue depuis 2005 aux personnes extérieures à l’entreprise pour tout sujet relevant des domaines financier, comptable ou de contrôle interne ; le Comité d’éthique doit alors transmettre l’affaire au directeur de l’Audit Groupe qui l’instruit et tient informé le Comité d’audit du Conseil d’administration.