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Notre présence au Soudan : questions et réponses
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1. Quel est le potentiel pétrolier du Soudan ?
2. Quels sont les acteurs déjà en place ?
3. Pourquoi  avoir quitté le Soudan dans les années 80 ?
4. Quelles sont les conditions qui ont conduit à la réactualisation du contrat de partage ?
5. Total a-t-il du personnel sur place ? Comment sa sécurité est-elle assurée?
6. Qu'offre Total au Soudan et à ses populations en dehors de ses compétences techniques et financières ?
7. En quoi consistait le différend avec White Nile ?
8. La présence de Total au Soudan ne constitue-t-elle pas  une forme de soutien au gouvernement soudanais ?
9. Malgré la paix Nord/Sud, sur votre Bloc et dans le sud en général, le contexte reste troublé, notamment en raison des évènements au Darfour. Votre retour serait-il raisonnable et acceptable ?
10. Quels sont vos engagements en matière de protection de l’environnement ?

1. Quel est le potentiel pétrolier du Soudan ?

Le Soudan dispose de réserves pétrolières substantielles, localisées tout particulièrement au Sud du pays.  De plus, de nouvelles recherches semblent promettre des découvertes dans le Nord et également en Mer Rouge.
Le Bloc B, situé dans le sud du pays et dont Total est l’opérateur, est encore pratiquement inexploré car l’insécurité prévalant dans le sud du pays ne nous a pas permis d’en évaluer son potentiel. Pour l’instant toutes les hypothèses sont permises, mais il est prématuré d’avancer la moindre évaluation.
On constate simplement que la production du pays, qui était quasi nulle il y a cinq ans, s’élève aujourd’hui à 500 000 b/j, la production ayant démarré en septembre 2006 sur les récentes découvertes des Blocs 3 et 7. Les prévisions de production du pays sont de 600 000 b/j en 2008.


2. Quels sont les acteurs déjà en place ?

Une quinzaine de compagnies pétrolières sont actuellement présentes au Soudan, elles sont principalement asiatiques (chinoises, malaises ou indiennes) et notamment les sociétés nationales chinoise CNPC (China National Petroleum Corporation)  et malaise, Petronas. L’association sino-malaise CNPC-Petronas est particulièrement active.dans la région de Heglig, sur les Blocs 1, 2  et 4 (au nord-ouest du Bloc B) et dans la région de Adar, Yale, sur les Blocs 3 et 7 (au nord du Bloc B), dans des zones réputées relativement plus sûres mais néanmoins très sensibles. Sur les Blocs 1, 2 et 4, plusieurs  champs y ont été développés à partir de 1999 par CNPC (40 %, aux côtés du groupe indien ONGC Videsh 25 %1, Petronas 30 % et Sudapet 5 %) et produisent actuellement environ 300,000 b/j.  Sur les Blocs 3 et 7, le champ de Palogue a été mis en production en septembre 2006 par l'association CNPC 41%,  Petronas 40%, Sudapet 8%, Al Thani 5% et Sinopec 6%.  Il produit actuellement 175 000b/j. La mise en valeur de ces zones a nécessité la construction de deux oléoducs de 1 650 km et 1 400 km respectivement, reliant les champs à Port Soudan, sur la mer Rouge, via Khartoum. L’accord incluait aussi la construction d’une raffinerie à Khartoum et d’un terminal pétrolier à Port Soudan.
L'association Petronas 67,9%, ONGC 24,1 % et Sudapet 8% a aussi mis en production en juin 2006 le champ de Thar Jat sur le permis 5A qui produit actuellement environ 25 000b/j.

(1)Talisman, compagnie pétrolière canadienne, a été amenée a quitter le Soudan sous la pression des ONG et des investisseurs. L’entreprise a revendu ses parts des Blocs sur lesquels elle travaillait au groupe indien ONGC Videsh.


3. Pourquoi  avoir quitté le Soudan dans les années 80 ?

Nous n’avons pas quitté le Soudan. Nous avons simplement suspendu nos activités du fait de l’insécurité prévalant dans la région du Bloc B.
En mettant à jour son accord et en envisageant une reprise des activités, Total s’inscrit dans le cadre du rétablissement de la paix au Soudan.


4. Quelles sont les conditions qui ont conduit à la réactualisation du contrat de partage ?

Ce sont tout d’abord les avancées dans les pourparlers de paix entre le gouvernement et le SPLM –concrétisées par l’accord de paix du 9 janvier 2005- qui ont permis la réactualisation du contrat.
Le contrat datait de 1980 et il devenait nécessaire de le moderniser pour pouvoir le mettre en œuvre le moment venu. Par ailleurs, il a semblé opportun aux deux parties de prendre en compte les changements intervenus en l’espace de 24 ans dans les pratiques de la profession, notamment en matière de responsabilité sociétale, ainsi que dans les standards contractuels soudanais.


5. Total a-t-il du personnel sur place ?  Comment sa sécurité est-elle assurée ?

Nous avons depuis février 2005 à Khartoum un représentant permanent assisté de quelques collaborateurs. En 2006, cette équipe a reçu le renfort d'un responsable géophysique pour préparer la sismique. Nous avons également du personnel à Juba. Cette présence évoluera en fonction de l'avancée des travaux.
Total reste particulièrement soucieux de la sécurité dans laquelle travaillent ses collaborateurs et nous appliquons au Soudan nos règlements en la matière. Total s'organise pour travailler sur place, en veillant au respect de ses conditions de sécurité et de son Code de Conduite.


6. Qu'offre Total au Soudan et à ses populations en dehors de ses compétences techniques et financières ?

L'actualisation du contrat intervenue en 2004 a permis de prendre en compte notre souci du développement durable. Le contrat ouvre désormais  la possibilité de mettre en œuvre des actions en faveur des communautés locales, telles que des projets éducatifs ou médicaux, en fonction des besoins des populations concernées. Ces populations doivent bénéficier de notre présence et en tirer directement un mieux être.
Ces programmes seront définis et précisés lorsque nos équipes pourront opérer sur place et seront en mesure d’écouter les attentes des communautés. Pour ce faire, nous travaillerons en liaison étroite avec les autorités soudanaises et des organisations internationales et nous nous appuierons sur l’expertise d’ONG ; nous sommes d’ailleurs déjà entrés en relation avec certaines d’entre elles pour présenter notre démarche.
Nos activités s'exerceront en complète transparence en respectant les populations locales, leur culture et leur environnement. Nous travaillerons conformément aux principes des Droits de l’Homme et aux normes internationales du commerce comme nous le faisons partout ailleurs dans le monde.

Total souhaite activement participer à la reconstruction de ce pays meurtri par deux décennies de guerre et favoriser la promotion de ses valeurs au travers de sa participation au développement économique du Soudan.

7. En quoi consistait le différend avec White Nile ?

[Rappel : début mars 2005, la presse a annoncé que le Mouvement Populaire pour la Libération du Soudan (SPLM), représentant le sud, avait accordé à une société sud soudanaise, la Nile Petroleum Corporation, un Bloc, dit Ba.  Cette société a par la suite cédé la concession à White Nile, société enregistrée à Guernesey en février 2005. Or la concession correspond précisément à une partie importante du  Bloc B sur lequel Total doit reprendre ses opérations après réactualisation de son contrat avec le gouvernement de Khartoum].

Total a toujours été certain de la validité de son contrat. Ce contrat, d'une durée initiale de 40 ans,  date de 1980 et nos droits ont toujours été régulièrement renouvelés par le gouvernement de Khartoum, notamment pendant la période de suspension de nos obligations (stoppage period de 1985 à 2004). La réactualisation du contrat le 21 décembre 2004 a été effectuée en conformité avec les règles en vigueur dans le pays et les accords de paix. Rappelons que l’article 4 de ces accords stipulait que tout accord pétrolier signé avec les autorités soudanaises avant l’accord de paix (9 janvier 2005) serait respecté.

Dès lors, le contrat que White Nile avait signé avec les autorités du Sud Soudan s'inscrivait en concurrence avec celui de Total et en contravention avec les accords de paix intersoudanais. Nous avons donc oeuvré à faire respecter nos droits par voie judiciaire devant les tribunaux britanniques (White Nile est coté à la Bourse de Londres) et au travers de nombreux contacts d'explication avec toutes les autorités concernées.

La Commission nationale pétrolière, organisme paritaire issu des accords de paix entre le Nord et le Sud, a définitivement tranché ce différend le 17  juin 2007, en reconnaissant l'exclusivité des droits de Total sur le Bloc B et en ordonnant, en conséquence, le retrait de White Nile.

8. La présence de Total au Soudan ne constitue-t-elle pas  une forme de soutien au gouvernement soudanais ?

Le choix de travailler dans un pays ne cautionne en aucune manière la politique nationale de ce pays, ni aucune pratique du régime en place. Nous travaillons dans  les pays où il y a potentiellement des hydrocarbures à exploiter, dans la mesure où cela ne contrevient pas aux lois et réglementations françaises, locales, européennes et internationales.
En l’absence de loi ou de résolution interdisant d’exercer des activités dans un pays, Total ne travaille dans ce pays que s’il a la certitude de pouvoir conduire les opérations dans le strict respect de son Code de Conduite et de sa charte Ethique.

Quoi qu’il en soit, la reprise et le déroulement de nos opérations au Soudan seront menées en totale coopération avec les autorités, du Sud comme du Nord, et dans le respect des lois nationales et internationales. Nous sommes convaincus qu'au travers de nos investissements et du respect de nos normes, notre présence bénéficiera aux populations soudanaises. Les sanctions à l'encontre d'entreprises investissant au Soudan sont de nature à affecter durablement les populations, plus que le gouvernement. La décision prise par Total d'investir au Soudan exprime la conviction profonde du Groupe que développement économique et progrès des Droits de l'homme vont de pair. Ce n'est pas en aggravant les difficultés d'un pays pauvre par des sanctions ou un embargo que l'on améliore le sort des habitants.
 

9. Malgré la paix Nord/Sud, sur votre Bloc et dans le sud en général, le contexte reste troublé, notamment en raison des évènements au Darfour. Votre retour serait-il raisonnable et acceptable ?

La situation locale est en effet complexe tant du point de vue humain, avec le retour des réfugiés, que sur le plan politique ou environnemental. Nous sommes conscients des tensions dans cette région d’Afrique. Si nous reprenions nos activités sur place, ce serait en prenant en compte l’ensemble de cette situation difficile, mais aussi avec la volonté d’agir conformément à notre Code de Conduite et de participer au développement des populations. Nous avons la conviction que nous serons, bien plus que d’autres opérateurs prêts à prendre notre place, utiles au développement des populations. Le Sud Soudan a besoin de l’investissement international pour se développer : sanctionner un pays pauvre, qui sort d’e 20 ans de guerre, n’est pas la meilleure manière d’améliorer le sort de ses habitants voire de consolider le processus de paix.
 

10. Quels sont vos engagements en matière de protection de l’environnement ?

Nous appliquerons notre politique environnementale avec d’autant plus d’attention qu’une partie de la zone du Bloc forme un précieux écosystème riche d’une grande biodiversité. Cette région, l’une des grandes zones humides de la planète, offre un lieu d’hivernage vital pour de nombreux oiseaux d’eau et abrite des espèces locales de reptiles, de mammifères, d’oiseaux et de plantes. Nous savons que les mammifères migrateurs y viennent à la saison sèche et que, depuis la fin du conflit, les grands animaux – éléphants, zèbres, autruches, antilopes – sont de retour. Nous avons effectué deux études d’impact environnemental qui restent à valider sur le terrain. Les opérations sismiques et de forage projetées en dehors des parcs nationaux.
 

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