Le site de l’Estaque est situé au bord de la Méditerranée; il surplombe la mer, et offre une vue splendide sur la rade de Marseille. En 1883, les premiers ateliers ont été créés par la Compagnie du Rio Tinto pour produire des sels de sodium et de l’acide sulfurique (ex pyrites). En 1916, après quelques évolutions patrimoniales, l’activité métallurgique balbutiante se développe à l’est sous la direction de Peñarroya, tandis que les activités chimiques se développent également à l’ouest sous la direction de Kuhlmann. C’est aux environs des années 1970 – 1975 que les usines connaissent leur plein essor. Après 1983 qui voit la restructuration de la chimie francaise, l’usine chimique (Atochem, puis Elf Atochem) ferme en 1989, tandis que Métaleurop qui a remplacé Peñarroya comme exploitant de l’usine métallurgique, ferme à son tour en 2001.
La localisation des usines et la pollution des sols laissée par les industriels pousse la Mairie de Marseille et la DRIRE à demander un programme de réhabilitation de l’ensemble du site. Une succession d’arrêtés préfectoraux jalonne la période 1992 – 1998 ; ce dernier arrêté fixe autoritairement alors les objectifs de réhabilitation qu’une étude sanitaire doit valider. Dans le même temps la DRIRE pousse les deux industriels à trouver une solution commune pour traiter les terres polluées présentes sur leurs deux sites, ce qui est fait en février 2000. Des discussions sont conduites également pour préciser la future utilisation du site ; la Mairie de Marseille demande et obtient que la réhabilitation soit conduite en vue d’une réutilisation à usage résidentiel (le plus sévère sur le plan environnemental). Depuis 1998 de nouveaux arrêtés préfectoraux ont accompagné ce projet en 2002 puis 2005 ; le délai d’achèvement ayant été repoussé de 2002 à 2005, est actuellement à fin 2007.
Les négociations conduites avec la DRIRE aboutissent à la définition de base du projet : les terres polluées, essentiellement par des éléments métalliques et parfois un peu de produits organiques, seront reprises, éventuellement traitées, puis confinées à l’intérieur d’un « sarcophage » géant possédant des étanchéités destinées à supprimer tout risque de migration des polluants vers l’extérieur. Le volume total à confiner, de 160 000 m3 pour Métaleurop, et de 223 400 m3 pour Atofina initialement, s’est très vite trouvé porté à près de 270 000 m3 pour Métaleurop et 435 000 m3 pour Atofina ; d’où une remise en cause de la taille du sarcophage, mais non du principe de confinement qui s’apparente à la construction d’un centre d’enfouissement technique de classe 1. La localisation du stockage se situe dans une ancienne carrière d’extraction de granulats.
Commence alors en 2000 la construction des deux premières alvéoles dont le remplissage ne débutera qu’en avril 2004 après de nombreuses péripéties, certaines techniques, d’autres administratives. Le remplissage des 180 000 premiers m3 s’est terminé au début 2006 ; l’étanchéité supérieure est en cours de pose.
A ce jour, il reste à construire la seconde partie du dépôt, en utilisant une technique de génie civil plus appropriée, puis à la remplir. La situation de ce projet par rapport au planning ne présente pas de retard significatif. Le coût de ce projet, initialement fixé sur la base d’une définition simpliste a été revu deux fois à la hausse, compte tenu des volumes à traiter sous-estimés et des impasses faites dans le projet initial.
Les aléas financiers de Métaleurop dès 2003 nous ont conduit à dissocier leur projet du notre pour que nous n’enregistrions pas de retard trop dommageable. |