"Changement climatique": c'est l'expression le plus souvent employée par les climatologues pour résumer les conséquences probables de l'accroissement de l'effet de serre.
Si la Terre a su s’adapter à d’importantes variations de température et de niveau de la mer, c'est peut être l'homme qui risque de pâtir le plus de ce changement climatique. Car pour assurer son développement, l'humanité a développé l'agriculture, réalisé des voies de transport, bâti son habitat... en se basant sur un système hydrique stable. Si le niveau de la mer augmente, si le climat change, ce sont les fondements même de nos sociétés qui pourraient être déstabilisés.
Sans céder au catastrophisme, on peut passer en revue les conséquences probables du changement climatique.
Plus de tempêtes
Les météorologues ne sont pas catégoriques sur ce point, mais il n'est pas exclu que le réchauffement se traduise notamment par une augmentation du nombre de tempêtes et d'ouragans et par l'intensification de leur violence. En effet, les ouragans naissent au-dessus d'océans dont la température est supérieure à 27° C. Le réchauffement devrait conduire à une augmentation des zones marines concernées. Et les tempêtes résultent souvent d'écarts de températures importants.
Elévation du niveau des mers

Entre 1990 et 2100, le GIEC s'attend à une élévation du niveau moyen des mers de 18 à 59 cm. Un phénomène causé pour partie par la fonte des calottes polaires, mais surtout par la dilatation thermique de l'eau (plus chaude, l'eau prend plus de place). Or, la moitié de l'humanité vit sur les zones côtières. Des îles à faible altitude devront être abandonnées, et les habitants des deltas et des littoraux bas devront se défendre contre cette montée des eaux.
Fragilisation des écosystèmes et de l'agriculture

Le changement climatique pourrait se traduire notamment par une forte modification du régime des pluies, avec son cortège de sécheresses et d'inondations, et cela de manière non uniforme pour la planète. Pour la végétation (forêts, agriculture, brousse...), cela signifie que les zones favorables à chaque plante (températures et précipitations) pourraient se déplacer. Si ce déplacement est trop rapide, les écosystèmes n'auront pas le temps de s'adapter en suivant ces déplacements. Sans parler des autres conséquences sur les plantes dans des cas extrêmes : les sécheresses accroissent le risque d'incendies, l'absence d'hiver favorise le développement des insectes et autres organismes pathogènes, certaines graines ont besoin de subir des gelées pour germer...
L'affaiblissement ou la disparition de forêts, qui sont des zones de stockage du carbone responsable de l'effet de serre, pourrait à son tour contribuer au changement climatique...
Les risques pour la santé humaine
Les zones propices au développement de certaines maladies tropicales pourraient s'étendre vers le nord et le sud, entraînant la propagation de certaines espèces de moustiques (porteurs de la malaria, de la fièvre de la vallée du Nil, de la dengue, de la fièvre jaune...) ou d'autres maladies infectieuses. Les populations de ces zones épargnées jusque là par ces maladies y sont d'autant plus sensibles.
Quelles seraient les conséquences pour un pays comme la France ?
Si les émissions de gaz à effet de serre continuent à croître au rythme actuel, au cours du siècle prochain, la température en France devrait être plus élevée de 1 à 2°C l'hiver, et de plus de 2°C l'été et l'automne.
D'après la Mission interministérielle de l'effet de serre, les conséquences pourraient être les suivantes:
- il devrait pleuvoir moins l'été et plus l'hiver,
- la durée d'enneigement à 1500 mètres diminuerait nettement,
- la Camargue et les lagunes du Languedoc seraient colonisées par la mer,
- les hêtraies du Nord de la France et les forêts de pins des Landes seraient menacées par la sécheresse,
- le retour des moustiques vecteurs de maladie pourrait faire réapparaître le paludisme.
Quel serait le bilan économique?
Le coût des dommages liés à une augmentation de la température de 2,5°C est estimé par le GIEC entre 1,5 et 2% du PIB (produit intérieur brut) mondial. Les pays développés s'en tireraient un peu mieux (-1 à -1,5% du PIB) que les pays en développement (plus de 2% de baisse du PIB).