Chacun (Etats, entreprises, particuliers, collectivités locales) peut contribuer à l'effort collectif. C'est à cette seule condition que les « puits de carbone » (océans, sols, forêts...) pourront absorber tout le CO2 produit par l'homme.
Les engagements des Etats
L'adoption de la Convention cadre sur le changement climatique des Nations unies au sommet de Rio en 1992 a marqué la reconnaissance par la Communauté internationale de l'importance du risque présenté par le changement climatique. Les gouvernements des pays s'y engagent solennellement à agir contre l'effet de serre.
Sept ans après la fin de la négociation du protocole de Kyoto, celui-ci est entré en vigueur le 16 février 2005. C'est l'adhésion de la Russie qui a permis cette mise en oeuvre, compte tenu de l'opposition manifestée par les Etats-Unis. Par le protocole de Kyoto, les Etats signataires s'engagent à réduire globalement leurs émissions de GES de 5,2% en moyenne sur la période 2008-2012 par rapport à celles de 1990.
Les outils pour atteindre les objectifs
Chaque pays ayant pris un engagement dans le cadre du protocole de Kyoto est tenu d'établir un programme lui permettant de respecter ses engagements en établissant sur son territoire un ensemble de mesures : engagements volontaires de réduction, taxation de l'énergie, limitation légale des émissions pour des polluants, incitations diverses aux économies d'énergie...
Le protocole de Kyoto prévoit également la mise en place d'un système d'échange de quotas d'émissions, avec :
- la création d'un marché international d'échange qui permettra aux pays industrialisés d'acheter et de vendre des crédits de réduction d'émissions réalisés sur des projets. "L'échange de droits d'émissions", encore appelé "trading", désigne ce marché où les parties peuvent acheter ou vendre des permis d'émissions ou des crédits de réduction d'émissions.
- l'utilisation de mécanismes dits de flexibilité, prévus pour permettre aux pays industrialisés de remplir une partie de leurs obligations en investissant dans les pays en développement (mécanisme de développement propre / Clean Development Mechanism) et les pays développés (mise en oeuvre conjointe / Joint Implementation).
La directive européenne Emissions Trading Scheme (ETS) institue pour l'industrie un système de régulation du seul CO2 sur la période 2005-2007, avant d'être probablement étendu à l'ensemble des GES visés par le protocole de Kyoto sur la période 2008-2012. Sa mise en oeuvre repose sur deux instruments : des plans nationaux d'allocations de quotas (PNAQ) et un mécanisme d'échange de ces quotas reposant sur le marché européen des droits d'émission créé en janvier 2005.
Loin de consacrer, comme on l'entend souvent un "droit à polluer", la création de marchés de permis d'émission restreint au contraire la faculté des agents économiques d'émettre du CO2, qui était auparavant non réglementée.
La réduction des émissions est l'affaire de tous
La réduction des émissions de gaz à effet de serre passe essentiellement par des actions dans le domaine de l'énergie : économies d'énergie et remplacement de sources d'énergie produisant beaucoup de CO2 par d'autres moins émettrices (énergies renouvelables* notamment).
Tous les acteurs économiques sont concernés :
- les entreprises, en améliorant l'efficacité énergétique de leurs process de fabrication, en modifiant leur logistique, en changeant de source d'énergie...
- les ménages, en réduisant la consommation d'énergie liée au chauffage, à leurs déplacements, à l'électroménager, voire à la nourriture.
- les collectivités locales, à travers leurs parcs de bâtiments, l'éclairage public ou les transports collectifs. Le choix entre l'extension d'une aire urbaine ou, au contraire, la densification d'une ville aura des conséquences sur la consommation d'énergie liée aux transports pendant plusieurs dizaines d'années.
- les activités agricoles. Elles consomment en effet des énergies fossiles (carburants, engrais et pesticides...). Surtout, de grandes quantités de méthane sont produites par l'élevage des ruminants, la riziculture et le compostage, et l'utilisation des engrais azotés entraîne l'émission de protoxyde d'azote. Ces deux gaz ont un pouvoir de réchauffement global respectivement 21 et 310 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone.