Pour la première fois, un programme va tester en France la chaîne complète du processus de captage et stockage du CO2, depuis l’installation émettrice de CO2 (une chaudière), jusqu’au stockage souterrain.
Il s’agit de convertir en oxycombustion l’une des cinq chaudières de vapeur existantes de la centrale du site de Lacq, de capter et de comprimer les émissions de CO2, pour ensuite les transporter par gazoduc (1), sur 27 km, et les injecter dans un réservoir en fin de vie du gisement de gaz de Rousse, à une profondeur de 4 500 m.
Le pilote, qui produira environ 40 tonnes par heure de vapeur utilisée par les industries du site, émettra jusqu’à 150 000 tonnes de CO2 sur deux ans qui seront captées et stockées. Le site du puits de Rousse fera l’objet d’une surveillance particulière, avec des capteurs répartis à la surface et en fond de puits pour mesurer l’injection, la pression, la température et la concentration de CO2.
Ce pilote, qui devrait démarrer à la fin 2008, après deux ans d’études et de préparation, vise trois objectifs principaux :
- améliorer la maîtrise de la filière oxycombustion, notamment en vue de son utilisation pour la production des huiles extra lourdes ;
- réduire de 50 % le coût de captage par rapport aux procédés existants ;
- développer une méthodologie et des outils de surveillance, afin de démontrer à plus large échelle, la fiabilité et la pérennité du stockage à long terme du CO2.
Le pilote contribuera également à l’objectif de génération électrique à partir d’énergie fossile sans émission de CO2 (Zero Emission Fossil Fuel Power Plant) fixé par la Plate-forme technologique européenne, dont Total est partenaire.
La réussite de ce pilote nécessite par ailleurs un dialogue constructif avec les parties prenantes et fera ainsi l’objet d’une concertation préalable.
(1) Le pilote bénéficiera du gazoduc existant, qui transporte le gaz naturel exploité depuis trente ans du champ de Rousse vers l'usine de Lacq.

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