Accueil
Le gaz naturel liquéfié recompose le marché mondial du gaz naturel
Imprimer
02 Jun. 08

Les méthaniers, ces super tankers chargés de gaz liquéfié, sillonnent déjà toutes les mers du monde et sont devenus le symbole du développement du gaz naturel, la source d’énergie qui connaîtra l’une des croissances les plus rapides au cours de la prochaine décennie.

Plus de 210 de ces navires sont aujourd’hui en activité dans le monde, avec une capacité maximale de 215.000 m3. 140 sont en commande dans les chantiers navals et le plus grand - 266.000 m3 - sera livré en 2008. Une image de la progression du gaz naturel liquéfié (GNL), qui représentera d’ici à 2020 plus de 40 % des échanges gaziers internationaux.
 

En cette période de changement climatique et de recomposition du mix énergétique, le gaz naturel possède de nombreux atouts. D’abord, des réserves importantes : soixante-cinq ans d’approvisionnement au moins au rythme actuel, quand la durée de vie des réserves pétrolières tourne autour de quarante ans. Ensuite, ces réserves jouissent d’une assez large répartition géographique : 1/3 en Russie et en Asie centrale, 1/3 au Moyen-Orient, 1/3 ailleurs dans le monde. Le gaz permet également de générer de l’électricité avec un fort rendement et il émet moins de gaz à effet de serre que les autres énergies fossiles.

Mais les zones de production du gaz sont souvent éloignées des grands marchés consommateurs que sont l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord et le gaz est par nature plus difficile à transporter et à stocker que le pétrole. Vecteur traditionnel d’acheminement, le gazoduc ne peut franchir tous les obstacles et toutes les distances.
 

Un autre mode de transport

Une fois liquéfié par refroidissement à -160° Celsius, le gaz se libère de ces contraintes. Il voit son volume divisé par un facteur de 600, ce qui le rend transportable par des bateaux méthaniers sur de grandes distances et vers des destinations flexibles, aussi facilement ou presque que le pétrole brut. Les investissements sont importants et se comptent en milliards de dollars pour l’usine qui va liquéfier le gaz, les bateaux qui vont le transporter et les terminaux qui vont le recevoir et lui rendre par réchauffement sa forme gazeuse. Ces investissements se justifient puisqu'ils permettent une souplesse d'acheminement bien supérieure à celle des gazoducs.

Conséquence : le commerce du GNL a progressé de 7,7 % par an en moyenne depuis dix ans et représentait en 2006 un quart de tout le commerce international du gaz. Les investissements dans le GNL prévus dans les dix années à venir sont supérieurs à ceux réalisés dans les quarante dernières années.

L'industrie du GNL est née en Algérie, dans les années soixante. Produit à partir de gisements situés à terre ou en mer, le gaz est traité dans des "trains" de liquéfaction  - il existe actuellement 17 usines de ce type dans le monde - puis chargé à bord d’un méthanier, qui l’emporte vers les marchés lointains et le livre dans l’un des 51 terminaux méthaniers mondiaux.

Les clients se diversifient. Beaucoup souhaitent multiplier les sources d’approvisionnement pour être moins dépendant des grands gazoducs. Ce sont de plus en plus les turbines à gaz qui produisent l’électricité. Les industries d’une façon générale passent souvent du pétrole au gaz comme source d’énergie. Et d’autres utilisations du gaz se développent, par exemple comme carburant véhicule (compressed natural gas, CNG) ou même comme composant pour la fabrication de carburants liquides (Gas To Liquids GTL).
 

L'avènement des marchés "spot"

Le transport du gaz liquéfié n’a pas qu’une dimension logistique. Au fil des années, il a influé considérablement sur les pratiques commerciales. Le gazoduc a instauré le règne des contrats de long terme, entre deux partenaires dépendant l’un de l’autre, avec un prix le plus souvent indexé sur le prix du pétrole.

L’ampleur des coûts de la chaîne GNL et le besoin de sécurité d’approvisionnement incitent toujours les producteurs et les acheteurs de GNL à signer des contrats commerciaux de long terme. Mais la flexibilité propre au GNL permet des contrats à court terme, voire des contrats ne portant que sur une seule livraison. Ce commerce "spot" représente déjà 15 % du commerce total de GNL et continue de progresser.

La liquéfaction devient ainsi une des clés de la libéralisation et de la mondialisation du marché du gaz naturel. Surtout sur le "bassin Atlantique", le vaste ensemble formé par l’Europe et l’Amérique du Nord, qui sont devenus de grands consommateurs du fait du fléchissement de leur production. Les autres grands consommateurs Japon, Corée, Taiwan, Chine et Inde forment le "bassin Pacifique" qui connaît une forte augmentation de la demande. Au milieu des deux bassins, on trouve le Moyen-Orient, grand producteur de GNL qui, avec la faculté d’envoyer ses productions vers l’un ou vers l’autre de ces marchés, contribuera à leurs équilibres.
 

Les limites au développement

Mais le succès du GNL suscite lui-même une crainte : la production pourra-t-elle suivre la demande ? Beaucoup des réserves de gaz naturel sont techniquement difficiles à mobiliser et les coûts de cette industrie ont connu récemment une forte hausse, en raison de l’augmentation du coût des matières premières comme l’acier et du manque de sociétés expertes et de main d’oeuvre qualifiée. 
Par ailleurs, les accords à mettre en place entre les Etats détendeurs des ressources de gaz, les producteurs, les transporteurs et les acheteurs sont très complexes. Les grandes compagnies pétrolières internationales doivent négocier de front tous ces accords et mettre en place de véritables partenariats, en particulier avec les sociétés nationales. Leur succès dépend bien souvent de leur capacité à écouter et à comprendre les besoins de l’ensemble de ces acteurs.

Envoyer par e-mail Haut de page
  
  En savoir plus :
 Planète Energies - le transport du gaz
 Magazine Energies n°11 - le nouvel environnement gazier
 Une position de leader sur le marché du GNL

Communiqués de presse :
 États-Unis : Inauguration du Terminal de regazéification de Sabine Pass LNG - 21 avril 2008
 Gazprom, Total et StatoilHydro créent la société opératrice de la première phase de développement de Shtokman - 21 février 2008

Publications :
 Gaz Naturel Liquéfié
 Valorisation gaz : des techniques d'avenir
   Environnement et Société

Consultez la rubrique
   Total en 2007

Consultez le document
   Document de référence 2007

Téléchargez le document de référence de Total au format pdf
   Fil RSS

Recevez par flux nos derniers communiqués de presse
   Alertes e-mail

Abonnez-vous pour être averti(e) par e-mail d'un événement, d'une parution, ...
lien vers les mentions légales lien vers le plan du site lien vers le lexique lien vers les flux RSS lien vers les alertes e-mail