Répondre aux besoins en énergie

Adapter nos activités aux évolutions du contexte énergétique

Comment concilier la hausse croissante de la demande en énergie et la protection de l’environnement ? Difficile de répondre à cette question cruciale sans faire un minimum de prospective. Les études qui sont réalisées actuellement montrent qu’à l’horizon 2030, les énergies fossiles devraient rester prédominantes, malgré une croissance rapide des autres formes d’énergie.

Vie nocture de Huaihai Lu, rue très passante de Shanghai, avec des façades d'immeubles illuminées et de nombreuses voitures

Une demande croissante en énergie

+ 35 % : c'est la hausse de la demande énergétique entre 2012 et 2035 selon le scénario "nouvelles politiques" de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE). Cette évolution résulte :

- de la démographie : + 1,7 milliard d'individus d'ici à 2035 ;
- du développement économique rapide des pays émergents : + 4,9 % de croissance  annuelle du PIB d'ici à 2035 ;
- de la satisfaction des besoins nouveaux liés à la croissance démographique et à l'enrichissement conduisant à une forte progression de la demande de mobilité ou à un accroissement

L’impact des énergies sur le climat

60 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) actuelles proviennent de la production et de la consommation d'énergies fossiles, et en premier lieu du charbon. La réduction de ces émissions, et plus particulièrement de CO2, représente un défi de taille pour limiter le réchauffement climatique.


Or, la communauté scientifique, et notamment le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), indique que les émissions de gaz à effet de serre ont une influence sur le climat. Un effort mondial est donc nécessaire pour limiter à 2 °C d’ici 2100 l’augmentation de la température en résultant.


L’industrie pétrolière et gazière est concernée par cette problématique et par les réponses possibles pour réduire les niveaux globaux d’émissions de GES, que ces dernières résultent :

  • des installations de production d’hydrocarbures et de raffinage/distribution (ces émissions représentent en moyenne 15 % des émissions globales de CO2 équivalent liées aux hydrocarbures) ;
  • de l’usage des produits pétroliers utilisés comme carburants ou comme combustibles par les clients (ces émissions représentent en moyenne 85 % des émissions globales de CO2 équivalent liées aux hydrocarbures).

Concilier la hausse de la demande en énergies et la lutte contre le réchauffement climatique

Quel paysage énergétique à l’horizon 2030 ?

Selon nos estimations, en 2010, les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) assuraient environ 81 % de l’approvisionnement énergétique de la planète. En 2035, leur contribution devrait encore être de l’ordre de 74 %. Au-delà de cette appréciation globale, une analyse prospective plus fine montre les évolutions suivantes...


Pétrole

Selon nos estimations, si le contexte reste globalement stable, aux environs de 2020, la production mondiale de pétrole devrait se stabiliser autour de 95 à 97 millions de barils par jour, soit environ 10% de plus qu'aujourd'hui.


En 2030, elle ne satisfera plus qu’environ 30 % des besoins en énergie, contre environ 33 % en 2010. Ce plafonnement ne provient pas d'un problème de ressources – elles sont en effet encore abondantes – mais plutôt des facteurs suivants :


  • l’entrée en phase de déclin de nombreux gisements en cours d'exploitation ;
  • la concentration des ressources dans des pays qui ne souhaitent pas augmenter leur production à court terme ;
  • la difficulté à compenser le déclin progressif de certains champs pétroliers, en dehors de zones comme le Moyen-Orient. En effet, les hydrocarbures les plus accessibles géopolitiquement et techniquement ont déjà été extraits et les nouveaux projets – à fort contenu technologique – sont plus difficiles à mettre en œuvre.

Les capacités de production mondiales seront donc limitées.


Pour autant, le pétrole demeure aujourd’hui difficilement remplaçable dans un certain nombre d’usages, notamment les transports et la pétrochimie.


Le pétrole, moteur de croissance

Gaz

Selon nos estimations, en 2035, le gaz devrait représenter environ 25 % du bouquet énergétique mondial, contre 22 % en 2010. L’offre sera suffisante pour répondre à la demande (production d’électricité principalement). Les marchés sont de plus en plus sensibles aux atouts de cette source d’énergie : le gaz émet moins de GES (gaz à effet de serre) et quasiment pas de polluants soufrés, par comparaison au charbon et aux produits pétroliers.


Pour cette raison, il constitue une option intéressante pour la production d’électricité, sur le plan environnemental notamment. Le gaz émet en effet 2 fois moins de CO2 par kilowattheure produit que le charbon. De plus, sa souplesse le rend apte à prendre le relais des énergies intermittentes (éolienne par exemple).


Les gisements de gaz dits « conventionnels » proches des lieux de consommation ont été exploités en premier. Leur production est aujourd’hui progressivement remplacée :


  • par des gaz non conventionnels « locaux » (comme les gaz de schiste), plus complexes à extraire ;
  • par l’importation de gaz conventionnels produits loin des lieux de consommation et acheminés par gazoduc ou par bateau (sous forme de gaz naturel liquéfié).

Le gaz naturel, une ressource d’avenir

Charbon

Avec des réserves abondantes et bien réparties ainsi qu’un cours attractif, le charbon est aujourd’hui à l’origine d’environ 50 % de l’électricité générée dans le monde (plus que le gaz et le nucléaire réunis). Au cours des prochaines décennies, cette part devrait légèrement diminuer, au profit d’énergies moins émettrices de CO2. Le charbon sera néanmoins toujours incontournable en 2035 : de l’ordre d’environ 21 % du bouquet énergétique, contre 27 % en 2011, selon nos estimations. A noter que le développement des technologies de captage-stockage de CO2 pourrait renforcer le recours à cette source d’énergie.


Le charbon, un potentiel encore considérable

Nucléaire et énergies renouvelables

Les autres formes d’énergie primaire (énergie nucléaire, hydro-électricité, biomasse, « nouvelles » énergies renouvelables : solaire, éolien, géothermie, énergies marines…) vont croître de façon continue. Elles contribueront pour un quart à l’approvisionnement énergétique de 2030. La croissance des « nouvelles » énergies renouvelables  (solaire, éolien, géothermie, énergies marines) devrait être particulièrement rapide. Pour autant, en 2035, leur apport devrait rester limité : environ 6 % du total, contre 1 % en 2010 (énergies renouvelables sauf hydro-électricité).


Energies complémentaires, notre engagement, nos ambitions