Répondre aux besoins en énergie

Adapter nos activités aux évolutions du contexte énergétique

Comment concilier la hausse croissante de la demande en énergie et la protection de l’environnement ? Difficile de répondre à cette question cruciale sans faire un minimum de prospective. Les études qui sont réalisées actuellement montrent qu’à l’horizon 2030, les énergies fossiles devraient rester prédominantes, malgré une croissance rapide des autres formes d’énergie.

Vie nocture de Huaihai Lu, rue très passante de Shanghai, avec des façades d'immeubles illuminées et de nombreuses voitures

Une demande croissante en énergie

Selon nos estimations, la demande mondiale en énergie devrait augmenter en moyenne de 1,1 % par an. En 2030, elle sera de 25 % supérieure à celle de 2010.

Cette augmentation résulte, pour une très large part, de la croissance démographique et économique des pays émergents. Les principaux postes de consommation sont : les transports, le chauffage et la production d’électricité.

L’impact des énergies sur le climat

Environ 60 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES)  générées chaque année par l’activité humaine sont dues aux énergies fossiles. Plus de la moitié d’entre elles sont liées au pétrole et au gaz (soit environ 1/3 des émissions globales de GES), le reste au charbon.


Or, la communauté scientifique, et notamment le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), indiquent que les émissions de gaz à effet de serre ont une influence sur le climat. Un effort mondial est donc nécessaire pour limiter à 2 °C d’ici 2100 l’augmentation de la température en résultant.


L’industrie pétrolière et gazière est concernée par cette problématique et par les réponses possibles pour réduire les niveaux globaux d’émissions, que ces dernières résultent :

  • des installations de production d’hydrocarbures et de raffinage/distribution (ces émissions représentent en moyenne 15 % des émissions globales de CO2 équivalent liées aux hydrocarbures) ;
  • de l’usage des produits pétroliers utilisés comme carburants ou comme combustibles par les clients (ces émissions représentent en moyenne 85 % des émissions globales de CO2 équivalent liées aux hydrocarbures).

Concilier la hausse de la demande en énergies et la lutte contre le réchauffement climatique

Quel paysage énergétique à l’horizon 2030 ?

Selon nos estimations, en 2010, les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) assuraient environ 81 % de l’approvisionnement énergétique de la planète. En 2030, leur contribution devrait encore être de l’ordre de 75 %. Au-delà de cette appréciation globale, une analyse prospective plus fine montre les évolutions suivantes...


Pétrole

Selon nos estimations, si le contexte reste globalement stable, vers 2020 – 2025, la production mondiale de pétrole devrait se stabiliser autour de 95 millions de barils par jour, soit environ 10% de plus qu'aujourd'hui.


En 2030, elle ne satisfera plus qu’environ 30 % des besoins en énergie, contre environ 33 % en 2010. Ce plafonnement ne provient pas d'un problème de ressources – elles sont en effet encore abondantes – mais plutôt des facteurs suivants :


  • l’entrée en phase de déclin de nombreux gisements en cours d'exploitation ;
  • la concentration des ressources dans des pays qui ne souhaitent pas augmenter leur production à court terme ;
  • la difficulté à compenser le déclin progressif de certains champs pétroliers, en dehors de zones comme le Moyen-Orient. En effet, les hydrocarbures les plus accessibles géopolitiquement et techniquement ont déjà été extraits et les nouveaux projets – à fort contenu technologique – sont plus difficiles à mettre en œuvre.

Les capacités de production mondiales seront donc limitées.


Pour autant, le pétrole demeure aujourd’hui difficilement remplaçable dans un certain nombre d’usages, notamment les transports et la pétrochimie.


Le pétrole, moteur de croissance

Gaz

Selon nos estimations, en 2030, le gaz devrait représenter environ 24 % du bouquet énergétique mondial, contre 21 % en 2010. L’offre sera suffisante pour répondre à la demande (production d’électricité principalement). Les marchés sont de plus en plus sensibles aux atouts de cette source d’énergie : le gaz émet moins de GES (gaz à effet de serre) et quasiment pas de polluants soufrés, par comparaison au charbon et aux produits pétroliers.


Pour cette raison, il constitue une option intéressante pour la production d’électricité, sur le plan environnemental notamment. Le gaz émet en effet 2 fois moins de CO2 par kilowattheure produit que le charbon. De plus, sa souplesse le rend apte à prendre le relais des énergies intermittentes (éolienne par exemple).


Les gisements de gaz dits « conventionnels » proches des lieux de consommation ont été exploités en premier. Leur production est aujourd’hui progressivement remplacée :


  • par des gaz non conventionnels « locaux » (comme les gaz de schiste), plus complexes à extraire ;
  • par l’importation de gaz conventionnels produits loin des lieux de consommation et acheminés par gazoduc ou par bateau (sous forme de gaz naturel liquéfié).

Le gaz naturel, une ressource d’avenir

Charbon

Avec des réserves abondantes et bien réparties ainsi qu’un cours attractif, le charbon est aujourd’hui à l’origine d’environ 50 % de l’électricité générée dans le monde (plus que le gaz et le nucléaire réunis). Au cours des prochaines décennies, cette part devrait légèrement diminuer, au profit d’énergies moins émettrices de CO2. Le charbon sera néanmoins toujours incontournable en 2030 : de l’ordre d’environ 22 % du bouquet énergétique, contre 26 % en 2010, selon nos estimations. A noter que le développement des technologies de captage-stockage de CO2 pourrait renforcer le recours à cette source d’énergie.


Le charbon, un potentiel encore considérable

Nucléaire et énergies renouvelables

Les autres formes d’énergie primaire (énergie nucléaire, hydroélectricité, biomasse, « nouvelles » énergies renouvelables : solaire, éolien, géothermie, énergies marines…) vont croître de façon continue. Elles contribueront pour un quart à l’approvisionnement énergétique de 2030. La croissance des « nouvelles » énergies renouvelables devrait être particulièrement rapide. Pour autant, dans 20 ans, leur apport devrait rester limité : environ 4 % du total en 2030, contre 1 % en 2010.


La transition vers un nouveau modèle énergétique plus diversifié est en route, mais elle prendra du temps.


Energies complémentaires, notre engagement, nos ambitions