Agir pour un développement partagé
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Agir pour un développement partagé
Développer la part locale de nos projets industriels
Une large majorité de notre production d’hydrocarbures provient de pays émergents. Dans ces pays, les ressources pétrolières et gazières pourraient mieux contribuer au développement économique et améliorer la situation de la population. Total ne peut se substituer aux Etats, mais veille à faire progresser en permanence la « part locale » de ses activités.
Par « local content », ou « part locale », nous désignons l'ensemble des actions visant à valoriser le tissu industriel et les compétences des habitants des Etats hôtes qui interviennent, de près ou de loin, dans les projets pétroliers et gaziers : recrutement local, formation, achats de biens et de services locaux... La « part locale » se mesure le plus souvent en pourcentage des investissements, des heures travaillées, du poids des équipements fabriqués, des emplois créés, etc.
Augmenter la « part locale » de nos projets permet de renforcer durablement les compétences humaines et les capacités industrielles des pays qui nous accueillent, et ainsi, de dynamiser leur croissance économique et sociale.
Recourir autant que possible aux capacités locales
Nos programmes de « local content » sont construits selon les caractéristiques techniques du projet et selon le contexte industriel local. Ils s'appuient sur un état des lieux de la situation humaine et industrielle et des attentes des parties prenantes. L'objectif : identifier et développer les ressources disponibles sur place.
Le « local content » est pris en compte dès le stade de conception des projets. Il participe notamment au choix des options conceptuelles pouvant permettre de faire appel à des fournisseurs de biens et services locaux.
Pour autant, la concrétisation effective de nos efforts dans ce domaine est très variable d'un pays, voire même d'un projet à l'autre. En cause :
- le manque de personnel et sous-traitants présentant les qualifications adéquates ;
- l'inadaptation des infrastructures industrielles locales ;
- la difficulté des sous-traitants locaux à proposer des offres compétitives et en ligne avec nos standards de qualité, de sécurité...
Adapter et renforcer nos actions
Depuis le début des années 2000, nous cherchons à mieux coordonner nos actions de « local content ». Certaines filiales ont fait évoluer leur organisation en conséquence. Ainsi, dès 2006, Total E&P Nigeria s'est dotée d'une division « Nigerian Content ». Sa mission : fournir une assistance aux départements opérationnels dans leurs objectifs en matière de part locale.
Nous travaillons également, avec le concours d'autres acteurs (ONG, associations, pouvoirs publics...), à adapter et renforcer nos programmes de formation, d'appui technique et financier auprès des entreprises des pays hôtes.
Nos filiales à l'heure du local content : quelques exemples
Yemen LNG : former et recruter localement
La mise en application de notre politique de « local content » se heurte souvent à un faible niveau de formation et de maîtrise technologique. Le recours à des salariés et des entreprises locales implique donc, en amont, des actions de formation et de transfert de compétences.
Pour assurer le fonctionnement de l'usine de liquéfaction de gaz naturel Yemen LNG, qui a démarré en 2009, nous avons ainsi, avec nos partenaires, créé notre propre centre de formation. 300 techniciens, superviseurs et ingénieurs locaux y ont suivi un cursus intensif de formation. Au programme : maîtrise de l'anglais et des technologies gazières, et formation complémentaire sur le terrain. L'effectif permanent de la société Yemen LNG, qui exploite l'usine, compte 80 % de Yéménites. Ce taux atteindra à terme 90 %.
Nigeria : continuer à accroître la proportion de nationaux dans les effectifs
L'intégration des compétences locales dans nos effectifs (à tous les échelons) est un pilier du « local content ». C'est également un élément clé de notre politique de recrutement.
Plus de 80 % des employés de Total E&P Nigeria sont Nigérians, et ce taux atteint près de 90 % dans notre filiale locale de Raffinage-Marketing. Des programmes massifs de recrutement sont mis en œuvre auprès de jeunes diplômés nigérians et environ 100 nouveaux employés nationaux nous rejoignent chaque année.
L'intégration de ces nouveaux collaborateurs et leur accession à tous les niveaux de responsabilité s'appuient sur un effort important en matière de formation et de tutorat.
Nigeria, Angola, Indonésie : développer les capacités des entrepreneurs du pays
Nous voulons concourir à ce que de plus en plus d'entreprises locales travaillent au niveau des standards internationaux (qualité, délais, sécurité, conditions de travail) et à des coûts compétitifs. Notre objectif : permettre aux sous-traitants de renforcer leurs compétences pour mieux satisfaire nos attentes. Mais aussi, pour leur donner la possibilité d'élargir leur clientèle et/ou leurs activités. Pour ce faire, plusieurs de nos filiales aident les entreprises à mieux répondre aux cahiers des charges, à assurer des prestations à plus forte valeur ajoutée et à gagner des marchés auprès d'autres clients.
Au Nigeria, lors de la construction du FPSO Akpo, grâce à un dispositif de préqualification des sous-traitants instauré très en amont, la part locale a atteint 28 % du nombre total d'heures travaillées. Sur le projet Usan, lancé en 2008, elle sera portée à 59 %, ce qui représente près de 11 millions d'heures de travail pour des entreprises locales. Le projet Egina ira plus loin encore puisque toute l'ingénierie de base sera réalisée au Nigeria.
En Angola, nous avons contribué à la création de services liés à l'exploitation pétrolière. En 2009, nous avons pu nous appuyer sur les fournisseurs nationaux pour la maintenance d'installations sous-marines très sophistiquées. En 2010, le projet CLOV a permis d'accroître la capacité d'un chantier de construction. Ce dernier aura ainsi la possibilité d'intégrer un module de 3 500 tonnes environ au futur FPSO.
En Indonésie, nous découpons les projets en lots pour pouvoir les confier à davantage d'entreprises locales de taille moyenne. Parmi elles, PT Meindo Elang Indah (une société d'ingénierie et de construction) a su tirer parti de cette approche. Elle a atteint en quelques années un niveau de performance remarqué (qualité, sécurité, délais, etc.). Globalement, la part locale dans les projets de Total E&P Indonésie s'élève, depuis 5 ans, à 50 %. Ce taux reflète la volonté de notre filiale d'aider les PME locales à se développer et à s'orienter vers des activités pérennes (la maintenance, par exemple).
Pourquoi faire du « local content » dans les pays non-OCDE ?
Les 3/5 de la population mondiale la plus pauvre vivent dans des pays pourtant riches en ressources fossiles et minières. Seuls cinq des pays riches en hydrocarbures figurent dans le premier quartile de l’indice de développement humain du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). Ces réalités nous concernent d’autant plus directement que notre production provient pour près de 75 % de pays non OCDE 1.
Nous avons donc pour préoccupation permanente :
- de contribuer à faire de la valorisation des ressources pétrolières et gazières un vecteur de développement aux échelons national, régional et local (c’est le sens de notre engagement croissant dans l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives ) ;
- de renforcer l’impact positif de notre présence dans les zones qui nous accueillent et d’en devenir des partenaires. Pour ces raisons, le local content est au cœur de nos priorités et prend une place prépondérante dans nos projets et nos opérations.
Le développement des projets de « local content » répond également aux attentes d’un nombre croissant de pays producteurs. Pour les États hôtes, le local content est un moyen de dynamiser l’économie et de favoriser le développement des capacités industrielles et les transferts de compétences.
Dans un contexte de concurrence accrue entre acteurs pétroliers, la capacité à mettre en œuvre une politique de « local content » devient, de plus en plus, un avantage compétitif et est essentielle pour conclure des partenariats avec les compagnies nationales. Le « local content » facilite enfin l’ancrage de nos activités dans leur environnement socio-économique et favorise leur pérennité, en améliorant leur acceptabilité.
(1) L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) compte trente et un pays membres : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Chili, Corée, Danemark, Espagne, Estonie, Etats-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie.
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