Pétrole

Girassol, pionnier des profondeurs angolaises
Schéma de Girassol  

Schéma illustrant le développement de Girassol

Localisation : au large de l'Angola, dans le Golfe de Guinée

Les partenaires : la compagnie pétrolière angolaise, Sonangol est concessionnaire du bloc 17.
Total, qui en est l'opérateur, détient 40 % des parts, StatoilHydro 23,33 %, Esso 20 % et BP 16,67 %.

  • FPSO de Girassol au large de l'Angola Vue aérienne du FPSO de Girassol au large de l'Angola Vue aérienne de la plate-forme offshore de production FPSO (unité flottante de traitement, stockage et expédition), sur le champ en eaux profondes de Girassol au large de l'Angola.
  • FPSO de Girassol au large de l'Angola Vue aérienne du FPSO de Girassol au large de l'Angola Vue aérienne du tanker Gulf Sheba arrimé à la bouée de chargement de la plate-forme offshore de production, ici en arrière-plan, sur le champ en eaux profondes de Girassol au large de l'Angola.
  • Navire de forage Vue aérienne du navire de forage Pride Africa Vue en arrière-plan du navire de forage à positionnement dynamique Pride Africa.
  • Plate-forme de Girassol Plate-forme de Girassol La plate-forme MSV Regalia sur le champ offshore en eaux profondes de Girassol, au large de l\'Angola.

Premier gisement exploité dans les grands fonds du golfe de Guinée, Girassol s'est imposé comme une référence pour l'industrie mondiale. Somme d'innovations technologiques, il atteste de la capacité de Total à mettre en valeur les ressources enfouies sous d'immenses hauteurs d'eau.


Un cadeau du fleuve Congo

Premier fruit de l'exploration des grandes profondeurs marines lancée en 1993 par Total sur le bloc 17 - permis angolais du golfe de Guinée - Girassol est découvert en 1996. Il est situé à 150 kilomètres au large de côtes angolaises, une distance à laquelle les eaux du golfe atteignent 1 400 mètres de profondeur.

Ses réservoirs, enfouis entre 1 000 et 1 300 mètres sous le fond de la mer, sont le produit d'une histoire géologique exceptionnelle, intimement liée au fleuve Congo. Ils résultent en effet de l'accumulation d'énormes quantités de sédiments, riches en matière organiques, charriés par le puissant fleuve africain jusqu'à son embouchure. Projetés dans les fonds marins à l'occasion de gigantesques avalanches, ils s'y sont déposés puis enfoncés au fil des millénaires.


Une première mondiale

Après avoir évalué le potentiel de ce vaste gisement, Total décide de relever le défi de son développement. Trois ans et demi plus tard seulement Girassol produira sa première huile. Un véritable tour de force au regard de la multitude des challenges technologiques relevés pour maîtriser cette configuration extrême de production. Plus grand développement jamais conduit jusqu'alors par une telle profondeur d'eau, Girassol sera salué comme un événement majeur par l'industrie pétrolière, qui distinguera, via un prix prestigieux, l'excellence de l'expertise technologique déployée par Total sur ce projet


S'affranchir de conditions extrêmes

Sous une telle profondeur d'eau, tous les équipements de production, pilotés à distance depuis la surface, doivent s'adapter au monde sous-marin. Leur fiabilité se doit d'être extrême, car ils sont appelés à rester sur le fond de la mer pendant toute la durée de la vie du champ, soit vingt ans et plus. Autre défi majeur : comment préserver la production, sur les milliers de mètres qu'elle devra parcourir dans des conduites sous-marines, du froid (4°C) et de la pression (140 bar) qui règnent au fond des océans ? Avec, comme risque majeur, la formation de blocs de glace (les hydrates) synonyme de paralysie du système.

Soutenu par un puissant programme de recherche & développement, Girassol a relevé l'ensemble de ces défis, et répondu aux nombreux challenges des grandes profondeurs par une impressionnante somme d'innovations technologiques.


Près de 150 km de conduites sous-marines

Au total, le système de production sous-marin comprend 39 puits dont le sommet pour chacun d'eux, affleurant au fond de la mer, est coiffé d'un dispositif de commande hautement technologique, baptisé « arbre de Noël ». Pièce essentielle à la production, elle a fait l'objet de très nombreux tests pour s'assurer de sa capacité à résister aux rudes conditions de la profondeur. Au sortir des puits, la production est collectée par de longues conduites sous-marines, dont la forme en boucle permet le nettoyage régulier par petit robot « racleur ». Formées par deux pipes d'aciers emboîtés l'un dans l'autre, entre lesquels est inséré un isolant haute performance, ces « boucles de production » acheminent le pétrole jusqu'à une conduite verticale qui le remonte jusqu'à la surface. Innovation majeure de Girassol, ce dispositif, baptisé « tour riser », est une fine conduite rigide, haute de 1 250 mètres et d'un diamètre de 1,50 mètre. Tout en protégeant la production du froid grâce à un isolant spécifiquement mis au point pour cette application, cette structure élancée offre toutes les qualités mécaniques pour résister aux courants.

À ce réseau s'ajoutent ceux d'injection d'eau et de gaz dans les réservoirs, afin de maintenir la pression des réservoir et ainsi optimiser la production, mais aussi celui des câbles de commandes électrohydrauliques nécessaires au pilotage et au contrôle de tous les équipements sous-marins.


Une gigantesque usine flottante

Pour exploiter l'huile de ces grandes profondeurs, Total a conçu une immense structure flottante, le FPSO (Floating Production, Storage and Offloading), capable à la fois de contrôler la production, de la traiter (pour séparer le pétrole du gaz et de l'eau qui y sont naturellement mêlés), de stocker le pétrole et d'assurer son transfert vers un dispositif de chargement où les tankers viennent directement s'approvisionner en haute mer. Aussi long que trois terrains de football, le FPSO de Girassol est alors le plus grand jamais construit. Les 25 000 tonnes d'équipements installés sur son pont permettent de traiter une production de 250 000 barils par jour et sa gigantesque coque est assez vaste pour stocker 2 millions de barils.


Une grande aventure industrielle et humaine

États-Unis, Corée, France, Norvège, Angola, Brésil, Suède, Allemagne... Immense puzzle industriel et technologique, Girassol, à l'instar de tous les projets pétroliers de grande envergure, a été porté par des milliers d'hommes et de femmes œuvrant de par le monde, sur les chantiers de construction où en ont été usinées toutes les pièces, comme lors de l'immense campagne maritime qui, à l'aide de robots télécommandés, a permis de les mettre en place et de les assembler sur le fond de la mer. Avec, pour priorité absolue la sécurité de tous, mais aussi la protection de l'environnement, au moyen, notamment, d'un système d'audit environnemental indépendant afin de suivre l'évolution des écosystèmes des grands fonds dans le périmètre de l'exploitation.

Aventure technologique tout autant qu'humaine, Girassol a aussi apporté sa contribution au développement économique de l'Angola, via la création de nombreux emplois locaux. Le transfert des savoir-faire technologiques du Groupe, axe prioritaire de sa stratégie, s'est notamment concrétisé par le recrutement et la formation des techniciens Angolais qui opèrent le FPSO.


Optimiser et anticiper

Deux ans presque jour pour jour après le démarrage de la production de Girassol, Total a apporté un deuxième souffle à ce projet hors du commun. Il a raccordé en effet à son FPSO la production du champ satellite Jasmim, distant de 5 kilomètres, et de taille trop modeste pour justifier un développement autonome. Huit puits supplémentaires sont ainsi venus accroître la production de Girassol. Le Groupe s'emploie à optimiser l'utilisation de ces installations en développant des réservoirs voisins afin de pallier au déclin naturel de la production de ce champ pionnier.
 


Girassol en chiffres

  • Girassol s’étend sur 140 kilomètres carrés, par 1 400 mètres de fond. Entré en production en décembre 2001, il produit alors 200 000 barils de pétrole brut par jour. En décembre 2003, le raccordement de Jasmim à son FPSO porte sa production à 240 000 barils par jour.
  • Le FPSO mesure 300 mètres de long, 60 mètres de large et 31 mètres de haut. Son quartier vie permet de loger 140 personnes.
  • Quelque 145 kilomètres de conduites et de câbles sous-marins serpentent sur le plancher de l’océan : 45 kilomètres de lignes de production, 33 kilomètres de lignes d’injection d’eau ou de gaz et 77 kilomètres de câbles de contrôle et de commande, les ombilicaux.
  • 32 puits ont été nécessaires : 18 pour la production, 12 pour l’injection d’eau et 2 pour celle de gaz. À ce dispositif d’origine se sont ajoutés 8 puits supplémentaires de Jasmin.