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Les huiles extra-lourdes et les bitumes, source majeure du renouvellement des réserves mondiales de pétrole, s'affichent comme l'un des défis les plus importants pour l'industrie. Difficiles à produire, ils mettent en jeu des chaînes technologiques complexes et coûteuses, très gourmandes en énergie et en eau. Autant de défis, économiques, technologiques et environnementaux, relevés par Total sur les deux secteurs les plus prolifiques du monde, au Canada et au Venezuela.
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Site de l'usine de traitement de PetroCedeño au Venezuela
Vue d'un opérateur sur l'une des passerelles de l'unité de brut extra-lourd de San Diego de Cabrutica, située dans la zone de l'Orénoque, sur le permis de Zuata, à 500 kms au sud-est de Caracas.
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Site de l'usine de traitement de PetroCedeño au Venezuela
Vue de l'unité de cokéfaction (transformation des pétroles bruts lourds produisant du coke), sur le site de l'usine de traitement (Upgrader) PetroCedeño de Jose, au Venezuela.
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Site de l'usine de traitement de PetroCedeño au Venezuela
Vue aérienne de la jetée de chargement du coke de pétrole et du soufre, sur le site de l'usine de traitement (Upgrader) PetroCedeño de Jose, au Venezuela.
Un potentiel gigantesque
Les quantités d’huile extra-lourde et de bitume en place dans le sous-sol, estimées de 2 600 à 3 800 milliards de barils, sont considérables. Mais bien qu’abondantes, ces ressources sont très difficiles à extraire : extrêmement visqueuses, résistantes à l’écoulement, elles sont peu mobiles voire totalement figées dans les réservoirs. Inégalement réparties sur l’ensemble de la planète, les huiles extra-lourdes sont essentiellement concentrées au Venezuela et au Canada. Leur extraction constitue un immense enjeu : ils représentent entre 500 et 1 000 milliards de barils de réserves potentielles, environ 25 % des réserves mondiales de pétrole brut conventionnel !
Le défi des bitumes canadiens
Les bitumes du Canada, intimement mêlés à des sables, sont enfouis de quelques dizaines à quelques centaines de mètres de profondeur. Les gisements les plus proches de la surface peuvent être exploités par mine à ciel ouvert : extrait par pelleteuses, le minerai est concassé puis mélangé avec de l’eau chaude et des solvants pour séparer bitume et sable. Mais cette voie n’est plus opérante quand les gisements se font plus profonds. Des méthodes dites thermiques, doivent alors être mises en jeu : pour être remontés par des puits jusqu’à la surface, les bitumes sont fluidifiés par d’énormes quantités de vapeur injectée dans les réservoirs.
Situés en Alberta, Total est opérateur des champs de Joslyn et de Northern Lights et partenaire du projet de Surmont.
Sur le champ de Surmont, 27 000 barils de bitumes sont produits chaque jour par la technologie thermique : le Steam Assisted Gravity Drainage (SAGD). Son principe repose sur des paires de puits horizontaux parallèles : un puits de production situé à la base du gisement, et un puits d’injection de vapeur foré cinq mètres au-dessus du précédent. Chauffé par la vapeur, le bitume fluidifié s’écoule, par gravité, jusqu’au puits de production. Développé par étapes, ce champ verra sa production portée à 100 000 barils/jours dans une seconde phase, pour atteindre 400 000 barils/jour à terme.
Concernant Joslyn, c’est par la mine, que les bitumes de Joslyn seront extraits demain, avec une production cumulée sur trente ans estimée à 2 milliards de barils.
Eau et CO2, enjeux majeurs de la filière
Augmenter la récupération des huiles lourdes tout en baissant son coût est indispensable au futur énergétique de notre planète… mais pas suffisant. La R&D se doit aussi de trouver les moyens de limiter l’impact environnemental de leur exploitation.
Production et traitement des bitumes exigent aujourd’hui d’énormes volumes d’eau. Optimiser son recyclage pour limiter les prélèvements sur les sources naturelles est un axe fort de recherche. Et d’autres procédés de production, moins gourmands en eau sont à l’étude : adjonction d’un solvant à la vapeur injectée, voire injection d’un solvant seul, production du bitume encore mêlé au sable, ou encore chauffage à haute température à l’intérieur du réservoir, pour transformer, in situ, ces bitumes en une huile plus légère.
La production et le traitement des sables bitumineux nécessitent beaucoup d’énergie (vapeur, électricité, chaleur), génératrice d’importantes émissions de CO2. C’est pourquoi Total s’est résolument engagé dans la voie de la capture et du stockage de ce gaz, via un pilote industriel aujourd’hui en cours de construction à Lacq, dans le Sud Ouest de la France.
Pionnier au Venezuela
Dès la fin des années 90, Total a démontré avec Sincor, devenu aujourd’hui PetroCedeño , son aptitude à valoriser les gigantesques réserves de bruts extra-lourds de la ceinture de l’Orénoque, au Venezuela. Bien que très visqueux, les hydrocarbures de ce gisement, plus chaud que les réservoirs canadiens, sont suffisamment mobiles pour être pompés par de longs puits horizontaux. L’injection d’un diluent dans les puits permet d’atteindre des productivités satisfaisantes et a porté les volumes de production à quelque 200 000 barils par jour. Projet le plus audacieux et le plus ambitieux de la ceinture de l’Orénoque, PetroCedeño s’affiche comme une référence mondiale de la production « froide » des bruts extra-lourds.
Mais demain, Total a l’ambition d’augmenter leur récupération, limitée aujourd’hui à environ 8 % des quantités en place. Un défi qui passera par le déploiement de méthodes de production thermiques sur ce gisement. Trois techniques y seront testées par un pilote, prévu pour 2011, avec, pour objectif, un doublement du taux de récupération.
De l’extra-lourd au brut synthétique léger
PetroCedeño illustre aussi la capacité du Groupe à faire jouer à plein les synergies entre ses expertises de producteur et de raffineur. Cet immense développement intègre en effet une chaîne complète, allant de l’extraction du brut jusqu’à sa transformation en un brut synthétique léger. Cette opération effectuée par une gigantesque unité de conversion, dite upgrader, est un véritable concentré de technologies.
Capable de pouvoir recevoir environ 200 000 barils par jour d’huile extra-lourde, elle peut délivrer, en bout de chaîne, environ 170 000 barils par jour d’un brut synthétique très léger. La même stratégie de valorisation sera, demain, à l’œuvre au Canada, avec la construction d’un upgrader à Edmonton, dimensionné pour accueillir les volumes croissants de production de bitume de Total dans le pays.
Un axe de développement majeur
Parce qu’elles sont une voie indispensable au renouvellement des ressources pétrolières, les huiles lourdes constituent une priororité stratégique pour Total. Le développement de son portefeuille en témoigne, avec, au Canada, les acquisitions récentes des permis de Griffon et de Northern Light, dont l’exploitation s’effectuera par technique minière. En 2008, c’est à Madagascar que le Groupe est devenu opérateur du champ de Bemolanga, dont l’appréciation en cours doit confirmer l’existence de ressources de pétrole suffisantes pour y lancer, à l’horizon 2020 une production minière d’un potentiel de 200 000 barils/jour.
Enfin, Total est engagé, en tant que partenaire, sur les champs de Qarn Alam et Mukhaizna en Oman, terrains d’expérimentation et de réalisation de méthodes de production thermiques.
Nos enjeux
Environnement
Déployer d'importants efforts pour maitriser nos impacts sur l'environnement.
Nos enjeux
Accès à l'énergie
Proposer un service énergétique accessible et de qualité dans les pays du Sud.



