Gaz naturel

Les gazoducs, maillons essentiels de la logistique gazière

Les distances qui séparent les régions de production de gaz naturel de celles où il est consommé impliquent le recours à des infrastructures lourdes pour son transport. Parce que l'essentiel des volumes transite par eux, les gazoducs jouent un rôle clé dans l'approvisionnement des clients finaux, qu’il s’agisse d’usages domestiques, collectifs ou industriels. Total contribue depuis des décennies au développement de ces réseaux dans plusieurs régions du monde.


Des infrastructures stratégiques

Le gaz naturel est une énergie diffuse, qui occupe un volume environ 1 000 fois supérieur à celui d'un hydrocarbure liquide, à pouvoir énergétique équivalent. Son transport représente un enjeu central, qui requiert des investissements massifs en infrastructures.

Historiquement, le marché gazier s'est ainsi structuré selon une logique régionale de production pour servir trois pôles principaux de consommation : Amérique du Nord, Europe, Asie.

A l'échelle mondiale, plus de 90 % de la ressource gaz transite encore aujourd'hui par gazoducs terrestres ou sous-marins, qui demeurent la voie la plus courante et la plus économique pour les échanges intracontinentaux.


Des autoroutes gazières pour relier les gisements aux marchés

Une fois extrait des gisements et traité de manière spécifique, en fonction de sa composition, pour répondre aux normes de commercialisation requises par les marchés, le gaz emprunte des gazoducs haute pression qui constituent de véritables autoroutes. Dans ces canalisations, formées généralement de tubes en acier d'un diamètre compris entre 40 et 120 cm, le gaz est recomprimé dans des stations implantées tous les 200 km environ. Ainsi maintenu sous 45 à 80 bars de pression, il circule à une vitesse de l'ordre de 30 km/h. Un gazoduc d'un mètre de diamètre peut transporter quelque 20 Gm3 de gaz par an, soit l'équivalent de l'énergie produite par 20 tranches de centrales électriques de 1 300 MW.

La taille de ces infrastructures, la complexité de leur construction, de leur surveillance et de leur maintenance expliquent que le transport du gaz soit quatre à cinq fois plus onéreux que celui du pétrole.

Les gazoducs haute pression alimentent les centres de stockage, les industriels grands consommateurs de gaz et les installations de production d'électricité. La fourniture en énergie des autres clients (entreprises, régies locales, logements...) est ensuite assurée via des gazoducs basse pression.


Continuer d'investir pour développer les réseaux

Ce mode de transport se heurte à plusieurs limites. La topographie des zones à traverser peut constituer un obstacle. Les gazoducs ne sont plus adaptés dès lors qu'il s'agit de franchir de longues distances à travers les océans. Et leur tracé terrestre peut, dans certaines régions du monde, soulever des questions d'ordre stratégique et géopolitique. Le transport du gaz sous forme liquéfié (GNL) dans des navires adaptés permet de s'affranchir de cette contrainte. Les pays producteurs souhaitent optimiser la valorisation de leurs ressources et les pays importateurs sécuriser leurs approvisionnements.

C'est la raison pour laquelle la filière Gaz Naturel Liquéfié (GNL) monte en puissance. Néanmoins, le développement des réseaux de gazoducs existants et la création de nouvelles routes gazières, tant terrestres que maritimes, constituent une nécessité pour répondre à la croissance de la demande mondiale, accompagner la progression des échanges intercontinentaux et diversifier les flux.


Total, acteur majeur du transport de gaz en France, en Europe et en Amérique latine

Total exploite partout où c'est possible les synergies générées par une forte intégration entre ses activités d'exploration et de production et l'aval de la chaîne gazière : transport, par gazoduc ou par méthanier, commercialisation et stockage.

Le Groupe a ainsi largement participé au développement des réseaux offshore en Europe de l'Ouest, en aval de ses productions de Mer du Nord (Royaume-Uni, Norvège et Pays-Bas). Il détient actuellement des intérêts dans plus de 12 000 km de gazoducs haute pression en Europe.

En Amérique du Sud, Total est actionnaire de plusieurs sociétés de transport implantées en Argentine, au Chili et au Brésil, qui exploitent environ 9 000 km de canalisations pour desservir ces trois marchés nationaux à partir des bassins boliviens et argentins où le Groupe dispose de réserves de gaz.

En France, nous prenons appui sur l'expertise acquise depuis la mise en production des premiers gisements de gaz, notamment celui de Lacq, en 1957. Nous avons pris une part importante à la création des infrastructures qui maillent le territoire national et assurent la fluidité et la sécurité des approvisionnements.

Aujourd'hui, l'ensemble des activités de transport et de stockage dans le sud-ouest du pays sont regroupées au sein de TIGF , filiale à 100 % du Groupe. L'entreprise exploite un réseau de gazoducs long de plus de 4 900 km, interconnecté à ceux des opérateurs de transport adjacents, en France et en Espagne.


Un rôle actif dans l'ouverture de nouvelles routes gazières

Conception, construction, exploitation, surveillance, entretien et extension des capacités : TIGF assume une responsabilité globale sur tous les volets du métier transport, dans le respect d'un cadre juridique qui garantit un accès équitable à son réseau.

La sécurité des opérations, l'intégrité du réseau et la minimisation des impacts liés aux évolutions de celui-ci sont au cœur de ses priorités.

Située à mi-chemin des réserves de la Mer du Nord et de celles d'Afrique du Nord, TIGF occupe une position stratégique. Véritable pivot du transport de gaz intra-européen, TIGF continue d'investir pour adapter le dimensionnement de ses équipements à des besoins nouveaux et développer les échanges transfrontaliers. L'interconnexion franco-espagnole a été doublée en 2006 d'une nouvelle canalisation qui relie le terminal GNL de Bilbao aux stockages de TIGF. La mise en gaz de l'artère de Guyenne, en 2008, facilite le transfert vers le nord de la France du gaz provenant du terminal méthanier de Fos-Cavaou, opérationnel en 2009 et dont Total est partie prenante.

Via Cepsa Gaz Comercializadora, dont il détient 35 %, le Groupe a dans la même optique pris une participation significative dans le consortium qui pilote le projet Medgaz. Ce gazoduc, posé sur le fond de la Méditerranée, long de 200 km et doté d'une capacité initiale de 8 milliards de m3, transportera du gaz naturel entre Beni Saf, sur la côte algérienne, et Almeria, sur la côte espagnole.