Energies complémentaires
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Energies complémentaires
La diversité des origines possibles n'est pas le moindre des avantages de la biomasse. Définie comme l'ensemble des matières organiques directement issues du vivant, celle-ci englobe les productions agricoles et forestières, les co-produits et résidus de cultures ou d'autres activités (papeteries, scieries…) ou encore la fraction organique des déchets industriels, ménagers ou agricoles.
Plantes, bois, fibres, déchets, algues… la biomasse constitue ainsi l'une des ressources renouvelables les plus abondantes. Ses possibilités de valorisation sont toutes aussi polyvalentes, qu'il s'agisse d'usages "traditionnels" (alimentation, construction, chaleur, textiles, pharmacie, etc.) ou d'autres débouchés : vapeur, électricité, combustibles et/ou carburants gazeux, liquides et solides, hydrogène, matière première alternative pour la chimie et la fabrication de plastiques (chimie verte)…
Un potentiel encore limité par de fortes contraintes
Exploitant l'énergie solaire par photosynthèse, les plantes, au cours de leur croissance, stockent du CO2 sous forme de molécules carbonées. Ces molécules transformées en biocarburants, par exemple, libéreront ce CO2 lors de la combustion. CO2 qui sera néanmoins de nouveau fixé par d'autres plantes. L'utilisation de la biomasse en tant que source d'énergie participe donc à un cycle naturel du carbone court. Ainsi, en théorie, les quantités absorbées et rejetées s'équilibrent peu ou prou.
En revanche, la biomasse concentre moins d'énergie que les hydrocarbures fossiles, ce qui n'est guère étonnant puisque ceux-ci résultent précisément de l'accumulation de biomasse sur de très longues périodes. Ainsi, la biomasse délivre en moyenne 5 à 7 GJ(1) par million de tonnes lorsqu'elle contient encore de l'eau (biomasse humide) et 17 à 20 GJ/Mt une fois asséchée, alors que ce chiffre atteint 42 à 45 GJ/Mt pour le pétrole brut.
Cette faible densité énergétique et la dispersion des sources renchérissent les coûts logistiques (collecte, transport, stockage), les coûts de transformation (pré-traitement, conversion) et obèrent le bilan CO2 de l'ensemble du cycle de vie. Ainsi, dans l'état actuel des technologies, seules les filières de culture et de transformation les plus efficaces, notamment au plan énergétique, affichent un bilan réellement favorable.
Le recours accru à la biomasse en tant que source d'énergie dans des conditions acceptables à tous points de vue ne peut donc s'envisager que sur le moyen ou long terme.
Aujourd'hui, la biomasse - hors biocarburants - couvre environ 10 %(2) des besoins en énergie primaire(3) de la planète, dont environ un tiers provenant de bois de chauffage, de charbon de bois ou de fumier pour des usages traditionnels, en particulier chaleur et cuisson des aliments dans les pays du Sud.
(1) 1 GJ = 1 milliard de joules
(2) AIE, World Energy Outlook 2008
(3) Énergie primaire : énergie présente dans les ressources naturelles (charbon, pétrole brut, lumière solaire, uranium, par exemple) qui n'a encore fait l'objet d'aucune conversion ou transformation anthropique (par l'homme)
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