Voiture connectée : Total Energy Ventures entre au capital de la start-up Xee

03/05/2017
Voiture roulant sur une route et visuel du boîtier Xee connecté à des smartphones Voiture roulant sur une route et visuel du boîtier Xee connecté à des smartphones
Vous demandez-vous souvent si vous avez bien verrouillé les portières de votre voiture ? Si les phares sont bien éteints ? Où l’avez-vous garée dans le dédale de ce parking souterrain ? Ou encore si vous conduisez vraiment comme il faut pour diminuer votre facture de carburant ? Grâce à la voiture connectée, vous avez désormais réponse à tout. Yvan Gravier, à la tête de la start-up lilloise Xee dans laquelle Total vient d’investir, nous explique comment ça marche.
 
Yvan Gravier - CEO - XEEConnecter un véhicule, qu’est-ce que ça veut dire ? 
Yvan Gravier / Cela signifie récupérer, en temps réel, des données sur votre voiture grâce à un petit boîtier branché à l’intérieur, et les utiliser pour développer toute une panoplie de services qui peuvent aider l’automobiliste. Aujourd’hui, ces services intéressent particulièrement certaines sociétés qui gèrent des flottes de véhicules, des assureurs, des acteurs de l’entretien-réparation ou de la mobilité qui souhaitent en faire bénéficier leurs clients. Notre business model relève donc du « BtoBtoC » et nous répondons aux besoins de ces sociétés qui devraient aller croissant, à mesure que se développe la location de voitures au détriment de l’acquisition. 

Quel usage peut-on faire de toutes ces données ?
Y. G. / Les entreprises qui utilisent nos produits vont pouvoir mettre à disposition de leurs salariés ou de leurs clients des services qui vont de la sécurisation de leur véhicule au suivi de ses déplacements et de son état. Elles seront capables de leur dire si les portières sont bien verrouillées, si la voiture est hors périmètre d’utilisation, où elle a été garée, l’usure de ses freins ou du moteur. D’autres services peuvent analyser « l’éco-conduite » des automobilistes de manière à optimiser leur consommation de carburant. Enfin, en cas d’infraction, d’accident ou d’avarie, une voiture connectée peut prévenir les personnes qui doivent l’être : le propriétaire de la voiture ou l’assureur par exemple.

La voiture connectée : effet de mode ou réelles perspectives de croissance ? 
Y. G. / Rien qu’en Europe, il y a aujourd’hui 220 millions de véhicules non connectés. Ce sont autant de voitures qui pourraient installer un boîtier. Mais la taille globale de ce marché est encore plus considérable. On estime à 400 millions le nombre de véhicules roulants et connectés dans le monde en 2020. Chez Xee, notre objectif est d’en connecter 500 000 d’ici là. 
 
Comment voyez-vous l’arrivée de Total à votre capital ? 
Y. G. / Nous sommes très fiers d’avoir été choisis par un grand Groupe comme Total. Pour nous, c’est bien plus qu’un simple partenaire financier. Nous avons un double objectif de coopération industrielle et de synergies commerciales. Aujourd’hui, nous sommes présents dans six pays européens (France, Espagne, Italie, Belgique, Portugal, Allemagne) mais c’est le moment d’accélérer. Nous souhaitons mettre un pied en Afrique, et l’exceptionnel réseau de stations-service de Total dans cette zone peut nous y aider.