Captage stockage CO2 : une solution en faveur du climat

Membre fondateur de l’OGCI, Total est engagé dans le développement du captage stockage de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique. Nous avons notamment investi dans le pilote de Lacq (France).
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Récupérer le CO2 dès sa source de production et le stocker dans le sous-sol pour éviter son rejet dans l’atmosphère… Une technologie qui a fait couler beaucoup d’encre, et suscite beaucoup d’espoirs. Elle reste l’une des solutions envisagées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter le réchauffement climatique à 2 degrés d’ici 2050.

Et pour Total, le sujet est loin d’être nouveau. Le Groupe investit depuis de nombreuses années pour mieux maîtriser cette technologie. À ce jour, il a contribué à deux projets en mer de Norvège sur les champs de gaz de Sleipner et Snohvit, et opéré son propre pilote dans le sud-ouest de la France, à Lacq.

Paal Frisvold, Ancien Directeur de Bellona Europe (ONG)

Le projet de Lacq a été capital pour plusieurs raisons. D’abord, il prouve que la technologie fonctionne. Mais il y a un aspect encore plus important : c’est celui de la confiance de la population. Quand vous stockez du CO2 dans le sous-sol, beaucoup de gens s’inquiètent. C’est important qu’ils dépassent leurs craintes et qu’ils aient confiance dans le fait que le stockage de CO2 soit une solution normale et parfaitement réalisable.

Lacq : un pilote à 60 millions d’euros d’investissement, qui constitue la première chaîne complète de captage-stockage de CO2 en Europe.

Capté en sortie de l’une des chaudières de la plateforme industrielle, le CO2 est ensuite transporté jusqu’à l’ancien gisement de gaz épuisé de Rousse, 27 km plus loin. Il est alors injecté dans le réservoir à 4 500 mètres de profondeur.

De tous les procédés existants pour capter le CO2, c’est l’oxycombustion que Total a choisi de tester sur ce pilote. Une technologie qui remplace l’air, utilisé par la chaudière pour brûler le gaz et alimenter la plateforme en énergie, par de l’oxygène. Résultat : les fumées relâchées par la chaudière ne comporte plus d’azote, mais seulement de la vapeur d’eau et du CO2, bien plus faciles à séparer.

Mais si cette technique est aujourd’hui maîtrisée, plusieurs problèmes persistent pour la mettre en œuvre à grande échelle.

Dominique Copin, Coordinateur Captage-Stockage de CO2,

Direction Développement durable et Environnement, Total

Il y a 3 grands défis, le premier, c’est les capacités de stockage, est-ce qu’il y a suffisamment de capacités de stockage dans le monde par rapport aux besoins liés au développement du captage et stockage de CO2.

Deuxième défi, les coûts de captage. Est-ce qu’on peut arriver à avoir des coûts de captage qui ne sont pas trop lourds pour l’économie mondiale.

Et troisième défi, la pénalité énergétique : une centrale à charbon qui sera équipée d’un système de captage de CO2 perdra une grande partie de son rendement. En gros, ça va passer de 45 % à 35 %, ce qui signifie qu’on aura besoin de plus de charbon ou de gaz éventuellement pour produire la même quantité d’électricité.    

Pour surmonter ces difficultés, Total ne travaille pas seul. De nombreuses compagnies du secteur pétrolier se sont associées pour réduire leur empreinte sur le climat. L’Oil & Gas Climate Initiative rassemble 10 d’entre elles dont Total et a fait du captage-stockage de CO2 l’un de ses sujets prioritaires. Parmi les pionniers sur le sujet figure un partenaire historique de Total : la compagnie Statoil, opérateur des projets Sleipner et Snovhit en mer de Norvège. 

Sonore Eldar Saetre, PDG de Statoil

Nous stockons du CO2 depuis des décennies dans les champs du plateau continental norvégien. Donc, nous savons que c’est faisable, que l’on peut le surveiller et le contrôler. C’est une très bonne nouvelle. Mais nous devons avancer. Nous avons de belles perspectives sur le stockage, mais nous devons cartographier les opportunités de stockage. Et les technologies de captage sur site doivent être développées encore davantage.

En 2015, plus de 10 projets de taille industrielle sont opérationnels. Un chiffre qui, selon l’agence internationale de l’Energie, devrait passer à 30 d’ici 2020. Une première étape pour que le captage-stockage de CO2 tienne ses promesses et contribue à limiter le réchauffement climatique.

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