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08 Fev. 07

Pourquoi Total a-t-il choisi d'affréter ce navire ? Était-ce un navire-poubelle ?
La décision d'affréter l'Erika a été prise de bonne foi, sur la base de documents qui se sont avérés trompeurs.
Au moment de cette prise de décision, l'Erika sortait d'une visite quinquennale assortie de travaux en cale sèche, pendant laquelle les structures étaient inspectées et rénovées sous la surveillance du RINA.
Il avait fait l'objet en 1999 de pas moins de 11 contrôles le déclarant conforme. Sa notation (target factor), attribuée par les autorités des ports, était celle d'un navire de qualité. Loin d'être un navire poubelle, il s'agissait bien d'un navire en bon état apparent et qui bénéficiait de tous les certificats et autorisations nécessaires pour naviguer. Ce navire bénéficiait d'une certification de navigabilité délivrée par le RINA, société de classification de premier rang.
Ce n'est qu'après le naufrage que les expertises judiciaires ont révélé que les structures de l'Erika étaient corrodées. Ces mêmes expertises établissent que la réalité de l'état de la structure du navire ne correspondait pas à la certification qui en a été faite.


Quelle était la nature de la cargaison de l'Erika ? Y avait-il plusieurs produits transportés ?
Il n'y a aucun doute sur la nature de la cargaison de l'Erika qui était constituée de fioul lourd n°2 et uniquement de ce produit pétrolier.
Si la nature du produit a fait l'objet d'interrogations dans les semaines qui ont suivi l'accident, c'est notamment parce que le fioul, mélangé à l'eau de mer, puis au sable, peut présenter une consistance ou un aspect différents du produit initial.
De nombreuses analyses effectuées dans le cadre d'expertises judiciaires demandées par différents tribunaux civils, administratifs ainsi que par le juge d'instruction confirment que la totalité de la cargaison de l'Erika était constituée de fioul lourd n° 2.
Ces résultats ont également été confirmés par les analyses réalisées par l'Institut Français du Pétrole. Il est à noter que d'autres types de contrôles antérieurs à l'accident avaient été effectués :
  • le contrôle qualité produit effectué au départ de la raffinerie de Dunkerque,
  • l'analyse contractuelle entre le vendeur et l'acheteur qui a été réalisée par un laboratoire indépendant.
  •  La cargaison

    Le fioul lourd est-il un déchet ?

    Le fioul lourd n°2 est un produit pétrolier commercial, issu du processus de raffinage. C'est le 3e produit pétrolier le plus utilisé après les essences et le gazole.
    De plus, le tribunal de commerce de Saint-Nazaire le 6 décembre 2000 et la Cour d'appel de Rennes le 13 février 2002, ont établi que le fioul lourd n'est pas un déchet.
    Cependant, les hydrocarbures mélangés à l'eau de mer, puis au sable, ne sont plus des produits commerciaux mais des déchets qui nécessitent un traitement comme cela a été fait, entre 2000 et 2004 près de la raffinerie de Donges, sous le contrôle des services de l'Etat avec le suivi d'une commission locale d'information et de surveillance (CLIS).

    Quelles sont les causes du naufrage ?
    Le naufrage s'explique par la forte corrosion des structures du navire, corrosion qui a été dissimulée à l'affréteur. L'Erika bénéficiait pourtant d'une attestation du RINA, société de classification de premier rang, portant sur les structures, selon laquelle ces structures  étaient en bon état.
    La tempête de force 8/9 rencontrée par l'Erika les 11 et 12 décembre 1999 a été un facteur contributif du naufrage, mais ne suffit pas en soi à l'expliquer.
     Les causes du naufrage


    Comment Total a-t-il réagi en apprenant le naufrage ?
    La première information de Total date du 11 décembre à 18h34, sous la forme d'un message sur le téléphone de permanence, et elle n'est pas inquiétante (La chronologie).
    Dès que Total a appris le naufrage, le 12 décembre 1999, une cellule de crise a été activée et des équipes internes ainsi que des experts ont été mobilisés.
    Dans les jours qui ont suivi, la Mission Littoral Atlantique a été créée, soit 800 personnes (une centaine de collaborateurs et 700 professionnels d'entreprises spécialisées) pour un budget de près de 200 millions d'euros, pour remplir les trois engagements que Total s'est fixé :

  • pompage du fioul restant dans les épaves,
  • nettoyage des côtes et restauration du littoral,
  • traitement des déchets.


    Quelles leçons avez-vous tirées du naufrage ? Quelles dispositions avez-vous prises pour éviter que cela ne se reproduise ?
    Après l'Erika, Total a tiré les leçons du passé, comme le fait toute entreprise industrielle confrontée à un accident. C'est une démarche logique dans un esprit de sécurité industrielle. Nous avons renforcé l'ensemble des critères de sélection des navires, qui étaient déjà stricts, en vue d'accroître  la sécurité de nos transports maritimes.


    Que vous reproche la justice ?

    La justice reproche à Total les délits de pollution, d'abstention volontaire de prendre des mesures pour combattre un sinistre et de complicité de mise en danger d'autrui.
    Total estime que les infractions qui lui sont imputées, ainsi qu'à son salarié, sont non fondées, en fait comme en droit.


  • Combien a coûté la marée noire ?
    Sur une enveloppe disponible de 185 millions d'euros, le FIPOL a dépensé (à la fin 2006) près de 120 millions d'euros pour indemniser toutes les demandes qu'il a estimé recevables selon ses critères. Il a ensuite commencé à rembourser l'Etat français à hauteur de 40 millions d'euros (fin 2006),sur les 190 millions déclarés par L'Etat.
    Total, quant à lui, a engagé 200 millions d'euros.


    Les victimes de la marée noire ont-elles été indemnisées ?
    Selon le FIPOL, 100 % des demandes recevables, d'après ses critères propres, ont été indemnisées : au 15 septembre 2006, sur 6 996 demandes exprimées, un montant de 117,8 millions d'euros concernant 5 656 demandes a été versé.


    Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de ne pas avoir assez communiqué ?
    L'ampleur de la catastrophe a été clairement sous-estimée par tout le monde (gouvernement, experts, météo, etc.) et, de fait, notre communication n'a pas été adaptée à la situation.
    L'Erika nous a rendus plus sensibles à la nécessité de communiquer systématiquement et très rapidement en cas d'accident.

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