La production d’hydrocarbures en eaux profondes est longtemps restée un rêve inaccessible en raison des difficultés techniques rencontrées. Les forages par grands fonds sont plus délicats à réaliser que dans l’offshore classique : réservoirs peu consolidés, sols instables et fortes pressions, températures très basses des eaux par grands fonds, impliquent des techniques et des matériaux innovants. De récentes percées technologiques permettent aujourd’hui de développer ces ressources, contribuant ainsi à prolonger et à diversifier les sources d’approvisionnement en pétrole.
Les grands fonds restent, avec l’Arctique, l’une des zones encore peu explorées. Ils représentent un potentiel de découvertes considérable. Les réserves des grands fonds, (500 à 1 500 mètres de profondeur d’eau), et des ultra-grands fonds (1 500 à 3 000 mètres), sont aujourd’hui évaluées à 6 % des réserves mondiales d’huile (hors huiles lourdes).
La conquête des profondeurs
L’aventure des grands fonds a commencé au début des années 80 dans le golfe du Mexique et dans l’offshore brésilien. Mais dès 1982, Total réussissait un exploit en Méditerranée : un premier forage expérimental par 1 714 mètres de profondeur d’eau. Il faudra pourtant attendre une décennie pour que ces techniques prennent véritablement leur essor, avec la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement. Dès lors, l’aventure des grands fonds renaît.
Un enjeu majeur
Aujourd’hui, exploration et production des gisements par grands fonds constituent, partout dans le monde, un nouvel enjeu économique majeur. Le Groupe participe activement à plusieurs projets de développement. Il a acquis un domaine minier de première importance en mer profonde, principalement localisé dans le golfe de Guinée.
Chaque champ requiert de nouvelles solutions, technologiques et humaines. Le démarrage de Girassol en Angola en 2001, par 1 400 mètres d’eau illustre la capacité du Groupe à maîtriser les technologies sophistiquées, nécessaires à la valorisation des grands gisements en mers profondes.
Ces réalisations constituent autant de terrains d’apprentissage qui ont débouché sur de nouvelles possibilités de développement. Ainsi la production de gisements satellite, effective depuis 2003 avec l’exploitation d’un premier gisement voisin satellite de Girassol, Jasmim, s'est poursuivie par la mise en production d’un second en juin 2007, Rosa. L’expertise acquise par le Groupe lui permet également de relever le défi de la mise en valeur de l’huile difficile (visqueuse et acide), de Dalia, en Angola, entré en production mi-décembre 2006.
Un développement raisonné
Ni les difficultés matérielles ni les coûts n’ont freiné l’essor de l’exploration pétrolière en eau profonde. Le savoir-faire et l’expérience progressent très vite et les limites identifiées il y a cinq à dix ans sont déjà atteintes, voire dépassées.
Pour que ces développements soient réalisés dans les meilleures conditions de sécurité et dans le respect d’un environnement encore très peu connu, d’importantes campagnes d’études ont été menées en coopération avec l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploration de la mer). Elles ont permis, entre autre, d’étudier les écosystèmes profonds dans des environnements représentatifs du domaine minier grands fonds du Groupe. Ces études ont apporté une meilleure compréhension de la nature de ces écosystèmes, permettant ainsi d’évaluer l’impact d’éventuelles perturbations liées à des activités industrielles, et d’y apporter des solutions.
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