Captage et stockage géologique de CO2

Le captage-stockage du CO2 sur le pilote de Lacq : comment ça marche ?

Total teste depuis début 2010 à Lacq, dans le sud-ouest de la France, la première chaîne complète de captage-stockage de CO2 industriel en Europe : captage du CO2 par  oxycombustion,  transport par gazoduc et enfin stockage dans un réservoir de gaz épuisé.

Le captage du CO2 : tester l'oxycombustion sur le pilote de Lacq 

Pour ce faire, une des cinq chaudières apportant la vapeur et l’énergie nécessaires à la plate-forme industrielle a été transformée. Elle ne brûle désormais plus du gaz avec de l’air, mais avec de l’oxygène : c’est ce qu’on appelle l’oxycombustion.


Ce procédé permet d’obtenir des fumées moindres, contenant essentiellement du CO2 (90 à 95%) et de la vapeur d’eau (contrairement aux fumées classiques qui contiennent plus de 70% d'azote).

L'eau et CO2 sont alors faciles à séparer, tandis qu’extraire le CO2 très dilué dans les abondants volumes de fumées issus d’une combustion à l’air est une opération plus coûteuse et plus énergétivore. La conversion de la chaudière a nécessité, entre autres, la mise en place de quatre nouveaux brûleurs et l’installation d’une unité cryogénique, qui fournit l’oxygène.


Le transport du CO2 par gazoduc

Une fois récupéré, le CO2 est lavé, comprimé à 27 bars, puis déshydraté. Il est alors acheminé sur 27 km par gazoduc jusqu’au site de stockage, l’ancien gisement de gaz naturel de Rousse entré en production en 1972 et exploité par Total pendant plus de 30 ans.


Le stockage du CO2 dans l'ancien gisement de gaz de Rousse

A son arrivée à Rousse, le CO2 est à nouveau compressé. Il est alors injecté dans le réservoir de stockage, un gisement de gaz épuisé, à 4500 mètres de profondeur.

Constitué de roche poreuse, ce réservoir s’imprègne de CO2 (un peu comme une éponge s’imprègnerait de liquide) et le CO2 est ainsi piégé,  comme ce fut le cas pendant des millénaires avec le gaz naturel et le CO2 d’origine. Le volume de CO2 injecté pendant la démonstration est cependant très inférieur aux volumes de gaz initialement contenus dans le gisement.

Le réservoir de Rousse est surmonté d’une "couverture" étanche d’argile et de marnes épaisse de 2000 m, âgée de plus de 35 millions d’années et ayant résisté à la formation des Pyrénées.

Il est géologiquement isolé des autres réservoirs de la région et n’est connecté à aucun aquifère actif (roches poreuses imprégnées d’eau et situées dans le sous-sol). Il présente par conséquent des qualités optimales de sécurité et de pérennité.