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UN CARBURANT POUR ALLER PLUS LOIN
Un carburant peut faire la différence sur le plan de la qualité et
de l’environnement. Il en est ainsi de la nouvelle génération
Excellium, qui se décline en essence et en gazole. Grâce à la
présence d’additifs, ces carburants permettent de gagner 50 kilomètres
sur un plein. Soit une économie de consommation de 600 à 900 kilomètres
par an. Excellium réduit, par ailleurs, de 5 % les émissions de
CO2, limite la pollution et abaisse de 37 % le bruit des moteurs diesel. Ce carburant
de nouvelle génération est proposé en France, en Belgique,
aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et même en Turquie. |
Voici plus de dix ans, le marché des carburants se partageait
pour moitié entre le super et le gazole, dont le prix était
nettement plus bas, les taxes étant moins lourdes. Depuis
le début des années 2000, 70 % des voitures neuves
vendues en France sont des diesels. Et le parc automobile comptera
bientôt une voiture diesel sur deux. Conséquence ? « Aujourd’hui,
nous devons importer du gazole, car nous n’en produisons
pas assez, indique Daniel Le Breton, en charge de la stratégie
et du développement pour les transports et l’énergie
chez Total. Il se vend à peu près trois fois
plus de gazole que d’essence. Ce rapport va encore augmenter
pour passer à un facteur 4 en 2010 et même à un
facteur 5 en 2015. » La France n’est pas un cas
isolé : en Europe, plusieurs autres pays européens
comme l’Espagne, l’Autriche ou le Benelux atteignent
un niveau de consommation équivalent. À l’opposé,
certains pays restent fidèles à l’essence,
mais ils font figure d’exception. Il s’agit notamment
de la Suède, qui, avec la Grèce, abrite l’un
des parcs automobiles les plus anciens d’Europe. Il n’est
pas rare de croiser sur ses routes des modèles de 25 ans
d’âge.
Déséquilibre
sur le marché
« La “dieselisation” va
avoir des conséquences
lourdes sur le marché, souligne Daniel Le Breton. Elle
oblige déjà l’Europe à importer du
gazole en provenance de Russie, dans une proportion de 1 litre
sur 4, alors que le surplus d’essence produit est exporté vers
les États-Unis. On déplace des volumes, sans améliorer
au passage le bilan mondial du CO2. » Certains pays,
dont la France, essaient de s’adapter à la nouvelle
donne de manière à produire moins d’essence
et davantage de gazole. Cela nécessite des investissements
dans le raffinage dont la portée s’avère
déjà insuffisante. Car, s’il sera possible
techniquement de produire 10 % de gazole en plus d’ici à dix
ans, la demande aura augmenté entre-temps de… 15
%, laissant augurer une tension sur les prix.
De fait, rien ne semble devoir arrêter la croissance du
diesel, qui surmonte progressivement tous les obstacles techniques. « Le
moteur diesel, qui émet moins de CO2 à performances équivalentes,
produit plus d’oxydes d’azote (NOx) que le moteur à essence.
C’est encore son principal défaut, alors que la généralisation
du filtre à particules est acquise à court terme »,
pense Daniel Le Breton. Pour l’équilibre entre offre
et demande, il serait souhaitable de réorienter le marché,
mais cela suppose une harmonisation fiscale, sachant que la différence
de taxes n’est plus justifiée entre le super et le
gazole d’un point de vue environnemental. Le prix de ces
deux carburants est d’ailleurs identique en Grande-Bretagne.
En France, l’écart est de moins en moins significatif.
Mais là encore, il faudrait une dizaine d’années
pour voir les effets de la fiscalité porter quelques fruits.
En ce qui concerne les carburants, leur teneur en soufre est inférieure à 50
ppm dans toute l’Europe et deviendra inférieure à 10
ppm avant 2009.Voici plus de dix ans que Total produit des biocarburants et s’oriente
vers des formulations plus respectueuses de l’environnement.
Le Groupe développe deux filières : l’ETBE
(ethyl-tertio-butyl-ether) produit à partir d’isobutylène
(extrait du raffinage) et d’éthanol issu de betteraves
ou de céréales ; et les EMVH (esters méthyliques
d’huiles végétales) ou biodiesels, obtenus
principalement par réaction du méthanol sur de l’huile
de colza ou de tournesol. Total ne les fabrique pas, mais les incorpore
dans le gazole qu’il commercialise.
« L’ETBE, incorporé à l’essence
dans une proportion pouvant aller jusqu’à 15 %,
présente l’avantage d’avoir un haut indice
d’octane et une faible volatilité. Il permet d’abaisser
les émissions de monoxyde de carbone et d’hydrocarbures
imbrûlés des véhicules. Total fabrique l’intégralité de
la production française et commence aussi à produire
de l’ETBE en Allemagne et en Belgique. La production d’ETBE
est également à l’étude au Royaume-Uni.
Quant au biodiesel, il a un réel potentiel, estime
Daniel Le Breton. Mélangé au gazole, il améliore
le pouvoir lubrifiant nécessaire au bon fonctionnement
des systèmes d’injection. Il diminue sensiblement
les rejets de fumées et d’hydrocarbures imbrûlés
dans l’atmosphère. Il permet de réduire le
déséquilibre du marché gazole et d’améliorer
le bilan du CO2. » En Italie, comme en Allemagne,
Total commercialise du biodiesel.
Mais ces deux familles de biocarburants restent deux à trois
fois plus chères que l’essence et le gazole importé,
en raison des coûts élevés de la matière
première. Car seule une partie des plantes utilisées
est valorisée. C’est pourquoi Total étudie
d’autres voies, adaptées aux évolutions technologiques
des moteurs.
Comme l’Aquazole, une émulsion d’eau dans du
gazole, utilisable sans modification du moteur et qui diminue jusqu’à 30
% les NOx et de 10 % à 60 % les particules. Destiné aux
flottes captives (bus), ce carburant est déjà commercialisé en
France et en Italie. Comme la transformation de la biomasse, qui
permettrait de fournir des carburants liquides. La biomasse est
la première source
d’hydrocarbures renouvelable de la planète.
Comme les carburants issus du gaz de synthèse produit à partir
de gaz naturel, tel le DME (di méthyl ether). C’est
un carburant sans soufre qui réduit drastiquement les émissions
de particules pour les véhicules diesel. Le DME est surnommé “le
GPL du diesel”.
Enfin, le Groupe s’est associé à plusieurs
programmes visant à évaluer le potentiel de la pile à combustible,
qui présente l’avantage de convertir en électricité un
mélange d’hydrogène et d’oxygène,
de manière continue, en rejetant uniquement de l’eau
sous forme de liquide et de vapeur. La multiplicité possible
des sources de production d’hydrogène offre un intérêt
majeur pour Total : réformage d’hydrocarbures, gaz
de synthèse obtenu à partir de la biomasse, du charbon
ou de résidus pétroliers, ou encore électrolyse
de l’eau à partir de toute forme d’électricité (éolienne,
hydraulique, nucléaire, centrale à combustible…).
Total possède déjà sa première station à hydrogène à Berlin,
une station expérimentale destinée principalement
aux flottes captives de bus.
Des solutions pour les transporteurs
Dans le
domaine du transport routier, Total a pris une longueur d’avance
avec l’AdBlue. Sous ce nom est commercialisée de l’urée
en solution aqueuse, stockée dans un réservoir spécial,
qui est injectée dans l’échappement pour y
détruire
les oxydes d’azote émis par le moteur. La plupart
des constructeurs de poids lourds, tels Mercedes, Renault Trucks,
Volvo et Scania, pour ne citer qu’eux, ont retenu cette solution
technique, baptisée SCR (Selective Catalytic Reduction).
Elle leur permet de répondre aux exigences des normes de
Euro IV (2005/2006) et Euro V (2008/2009) et se traduit également
par une diminution de la consommation de gazole de l’ordre
de 5 % par rapport aux véhicules mis en circulation en 2000-2001.
Il est probable que cette solution s’imposera également,
au-delà de 2010, dans l’agriculture et les travaux
publics pour réduire la pollution des moteurs. L’AdBlue
est disponible aujourd’hui à la pompe dans trois stations
en Allemagne, le premier pays à l’avoir expérimentée.
La première station française équipée
a ouvert ses portes en juin, au sud de Lyon. Parallèlement,
l’urée est également proposée en vrac,
et sous forme conditionnée (containers et bidons), pour
les transporteurs.
Services à la carte
Avec l’ouverture
des frontières et l’intensification
des échanges, les transporteurs routiers ont de plus en
plus besoin de solutions facilitant les transactions, les péages
autoroutiers et le suivi des dépenses. Autant de prestations
que propose la carte Eurotrafic, lancée en 1994 par Total
et utilisée par 18 000 entreprises en Europe. Une facture
unique permet ainsi d’avoir une meilleure visibilité et
un meilleur contrôle sur les frais engagés par véhicule
et par chauffeur. La carte propose, en outre, de nouveaux services,
comme la récupération de la TVA et, surtout, un système
d’assistance et de dépannage 24 h/24 dans toute l’Europe.
Cette carte orientée “service” est acceptée
dans 11 000 stations en Europe.
Parallèlement, le Groupe développe une offre “sécurité et
prix”, acceptée dans 420 stations bornes automates en
Europe : la carte AS24. Associée à Renault Truck, elle
permettra des dépannages dans 22 000 garages en Europe. C’est
dans les pires moments que l’on reconnaît ses amis… |