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Quand, en février 2004, Énergies consacrait son troisième numéro au changement climatique, l’opinion publique commençait à s’émouvoir de ce que les différents rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) tenaient déjà pour probable : le lien de causalité entre changement climatique et activités humaines. Et, tandis que se poursuivaient de nombreuses discussions sur la mise en application du protocole de Kyoto, l’Europe préparait le régime de quotas d’émissions de CO2 qui allait entrer en vigueur en janvier 2005.
Quatre ans plus tard, en février 2008, et au moment de mettre cette treizième édition sous presse, où en est-on ? Confirmant que le climat change et va continuer à changer, qu’un certain nombre d’évolutions sont désormais irréversibles, le dernier rapport du GIEC, publié en décembre 2007, alerte sur l’impérieuse nécessité de prévoir des stratégies de prévention, mais aussi d’adaptation. Al Gore a lancé, à travers son film Une vérité qui dérange, une interpellation spectaculaire. À ce titre, il a reçu le prix Nobel de la Paix 2007, qu’il partage avec l’équipe du GIEC, dirigée par Rajendra Pachauri. La Conférence sur le climat de Bali, premier pas vers “l’après-Protocole de Kyoto”, s’est, elle, achevée en décembre 2007 et, depuis, de nombreuses discussions internationales se poursuivent pour
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convaincre l’ensemble des acteurs de s’impliquer dans un effort de prévention. Autre élément marquant de ce début du XXIe siècle : à la “crise climatique” s’en superpose une autre, une “crise énergétique”, caractérisée par la forte augmentation des prix de l’énergie, certaines tensions sur le marché en termes de capacité de production, donc d’aptitude à suivre l’évolution de la demande, tirée à la hausse par le développement des pays émergents.
Pour faire face simultanément à ces deux crises, la meilleure solution se trouve dans l’efficacité énergétique : il s’agit de poursuivre notre croissance en consommant moins d’énergie, en changeant nos comportements aussi bien qu’en améliorant nos équipements
Concerné au premier chef en tant que producteur, commerçant, mais aussi consommateur d’énergie, Total travaille ainsi à l’évolution de ses procédés, dans la continuité des actions déjà entreprises pour diminuer ses émissions de gaz à effet de serre. Parallèlement à la réduction du brûlage des gaz associés à la production dans l’Exploration et Production ou au déploiement de la cogénération dans le Raffinage et la Chimie, menés de longue date, nous nous attachons à amplifier nos efforts en matière d’efficacité énergétique et à développer des technologies nouvelles, comme le captage et le stockage géologique du CO2, à travers, notamment,
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un projet pilote dans le bassin de Lacq, dans le sud-ouest de la France. Au-delà de ces efforts dans le cadre de nos opérations industrielles, nous mettons en place de nouveaux plans d’action pour aider nos clients à réduire leurs propres émissions, en leur fournissant des produits “économiseurs” d’énergie, des services associés à ces produits, et en renforçant nos investissements dans les énergies renouvelables. Tous les acteurs de la communauté internationale se trouvent aujourd’hui confrontés à un formidable défi, qui comporte certes des risques mais aussi des opportunités. Il convient donc de reconsidérer notre dispositif, afin, certes, de mieux mesurer ensemble les enjeux de long terme qui s’associent à nos modes de développement, mais aussi de trouver des réponses pragmatiques, non pas en cherchant une solution unique, mais en additionnant des solutions complémentaires. À nous tous d’y contribuer !
Jean-Michel Gires,
directeur Développement Durable et Environnement de Total
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