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La demande mondiale en matière de construction navale augmente rapidement, en particulier pour les navires destinés au secteur de l’énergie, qui représentent environ 50% des commandes. « De 37 Mt en 2000-2002, la demande globale devrait atteindre les 90 Mt en 2007, pour se stabiliser autour de 60 Mt par an jusqu’en 2015 », précise Daniel Cho, directeur Offshore et GNL chez Samsung Heavy Industries, à Londres.
Avec 38% de parts de marché, la Corée du Sud est le premier constructeur naval au monde, talonnée par la Chine (30%), puis le Japon. Pour produire 400 navires par an, dont, chaque semaine, un colosse de 300 m, la Corée s’appuie sur ses 9 chantiers navals de très grande taille et une vingtaine de plus modestes. La construction navale est un secteur clef de l’industrie coréenne : son chiffre d’affaires avoisine les 18 milliards par an, soit 3,3% du PIB et 6% du montant des exportations.
Le numéro 1 coréen est Hyundaï, avec la mise à l’eau d’environ 100 navires par an, suivi par Samsung et par Daewoo. Néanmoins, c’est Samsung qui est en position de leader pour la construction de navires de forage, de grands FPSO et de pétroliers-navettes. Cependant, signale Daniel Cho, « les chantiers navals coréens sont saturés et confrontés à des coûts salariaux en augmentation. Certains pratiquent l’externalisation en Chine, afin de gagner en capacité et de trouver une main-d’œuvre meilleur marché.» Pour l’instant, seul le travail non qualifié est concerné. « Les atouts de la Corée résident dans son niveau de technologie, sa compétence en ingénierie et sa productivité, ajoute Daniel Cho. Pour maintenir notre avance, nous investissons massivement dans l’équipement et dans la R&D. La Chine ne représentera pas une menace avant dix ans. La véritable valeur ajoutée de ce marché, c’est la technologie, et la Chine a encore du chemin à parcourir.» Si les navires actuels, en particulier les FPSO, méthaniers et bateaux de forage sont très high-tech, leurs processus de fabrication ne le sont pas moins. «Les navires sont dessinés sur ordinateur, la découpe est faite au plasma, les soudures sont automatisées. Toutes ces techniques ont acquis une telle précision qu’elles nous permettent de construire d’énormes modules sur le quai, qui seront ensuite hissés vers la cale sèche pour un assemblage rapide », explique Henry Jeong, qui dirige le projet FPSO sur le chantier naval Samsung de Geoje. « Samsung dispose de la plus grande cale sèche du monde: plus de 640 m de long; 5 navires peuvent y être construits simultanément, et il en sort 30 par an », précise-t-il. Ce chantier de Geoje, où a été construit pour Total le FPSO de Dalia, avec ses 360 ha, s’enorgueillit de 3 cales sèches et de 3 docks flottants, et ses 21 000 travailleurs transforment chaque année 1,2 Mt d’acier en une cinquantaine de bateaux. Il s’est spécialisé dans la construction de bâtiments high-tech comme les méthaniers, les FPSO et les navires de forage. « Ce sont les méthaniers et les navires offshore qui posent les problèmes de construction les plus ardus, commente Henry Jeong. Les grandes compagnies pétrolières mettent l’accent sur la sécurité et la fiabilité, on applique donc des méthodes et des procédures de contrôle très strictes. » Ils sont aussi les plus longs à bâtir. « Il faut 9 mois pour les pétroliers ou les porte-conteneurs, tandis que les méthaniers et les navires de forage en exigent 16 et les FPSO, 24. »
L’une des réponses à l’accroissement de la demande consiste donc à augmenter la productivité : «Il y a dix ans, le taux de renouvellement de notre principale cale sèche était de 5 par an ; aujourd’hui, il est passé à 10. Le meilleur de toute l’industrie navale. C’est notre grande fierté.»
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