N°12 Automne 2007
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X OU Y, QUI FAIT LA SCIENCE ?
S’il est un domaine où les femmes manquent à l’appel, c’est bien celui de la science. L’École centrale de Paris et Total, lors de la dernière journée “Diversités plurielles” organisée par l’Université Total, ont présenté les résultats d’une enquête réalisée par Ipsos, en octobre 2007, auprès de lycéennes en sections scientifiques. Le point de départ d’une démarche à long terme qui vise à percer à jour les ressorts de cette disparité pour mieux y remédier. Rencontre d’experts et tour d’horizon de la question.

Texte : Laure Mentzel et Marie Le Breton

Depuis sa fondation, en 1901, sur 468 prix Nobel scientifiques attribués, seuls 11 l’ont été à des femmes. Ce bilan n’étonne personne, puisque selon la vulgate, les femmes, peu aptes à l’abstraction, ne possèdent pas ce “don” pour la science qui prédispose les hommes à son exercice. En France, en 2005, pour 46,6 % de bachelières en sciences, on n’en recensait plus que 24,6 % à la sortie des écoles d’ingénieurs.
Problématique du point de vue de la justice sociale, cette disparité pose aussi des difficultés concrètes : comment remplacer les scientifiques qui partent à la retraite si la science subit une telle désaffection de la part des jeunes* et plus particulièrement des filles ? Plus généralement, comment tenir le pari européen de construction économique, dans le contexte de la Stratégie de Lisbonne ? « L’Europe s’efforce d’élever la part de l’investissement dans la recherche et le développement à 3 % de son produit intérieur brut. Ceci devrait impliquer la création de quelque 700 000 nouveaux emplois dans le secteur de la recherche d’ici à 2010. L’Europe aura du mal à les pourvoir tant que la moitié de la population continuera à se désintéresser des sciences et technologies », regrette la Communauté européenne dans un texte édité cette année. Pour atteindre cet objectif, il faudra multiplier par quatre le nombre de femmes dans ce domaine. En 2003, l’Union européenne comptait 29 % de femmes parmi l’ensemble de ses chercheurs.
Dans les années 1960, certains psychologues ont mis en avant les différences de structure et de fonctionnement du cerveau selon le sexe. Ces théories montrent que le cerveau des hommes est plus asymétrique que celui des femmes, autrement dit que la différence entre l’hémisphère gauche et l’hémisphère droit est plus grande chez l’homme que chez la femme. Cette différence d’asymétrie du cerveau est censée expliquer la supériorité verbale des femmes et leur infériorité spatio-visuelle. Ces théories s’appuient sur la sociobiologie et sur des études de psychologues du comportement cognitif, à savoir les travaux sur les résultats sexuellement différenciés aux tests d’aptitude verbale et spatio-visuelle.
De nombreux chercheurs ont proposé une critique radicale de ces recherches, qui associent les différences sexuelles à l’asymétrie du cerveau. Ils montrent qu’il n’est pas possible, actuellement, de dissocier l’influence de la biologie sur le comportement de celle de l’environnement et que la variation de la fonction cognitive entre les sexes est plus petite que la variation dans l’ensemble de la population. Ces travaux n’ont cependant pas bénéficié de la même diffusion médiatique que ceux démontrant l’innéité de l’infériorité scientifique des femmes. Au Portugal, en 2003, 58,3 % des docteurs en mathématiques sont des femmes, alors qu’en France, elles ne sont que 24,3 %. « On ne va pas nous faire croire que la forme du cerveau change si on passe les Pyrénées ! », raille Claudine Hermann, la première femme à obtenir un poste de professeur à l’École polytechnique, aujourd’hui présidente d’honneur de l’association Femmes et Sciences, qui vise à promouvoir les carrières scientifiques auprès des filles.

Incapacité innée ou désamour acquis ?

Les causes de cette désaffection sont multiples : si l’entourage des filles contribue à les décourager des filières scientifiques, elles s’infligent aussi une forme d’autocensure et s’interdisent de se tourner vers les sciences et, plus encore, vers les sciences dites “dures” que constituent les mathématiques et la physique. Ainsi, selon une enquête de 2002 menée par l’association Jeunesse et Entreprises auprès de lycéens français, à l’exception notable de la santé, les domaines techniques et scientifiques se voient accorder une note positive par moins du tiers des jeunes filles. Quant aux secteurs industriels, elles y sont réfractaires : le BTP obtient ainsi 4 % de leurs suffrages. « Le monde de la physique concentre dans notre imaginaire social tous les traits symboliques et pratiques attribués aux hommes. L’univers viril est associé à la virtuosité mathématique, à la manipulation des outils et des armes, à la construction de ponts et de ports, aux moteurs… Autant d’espaces où les femmes sont pensées, depuis des siècles, comme “naturellement” inférieures aux hommes », affirme Catherine Marry, directrice de recherche au CNRS et auteur de l’ouvrage de référence, Les Femmes ingénieurs : Une révolution respectueuse.
Malgré l’apparente neutralité des connaissances scientifiques – théorèmes, lois –, celles-ci sont intégrées dans un monde masculin qui tend à exclure les filles. « Le fait éducatif est très important, un certain nombre de travaux montrent que l’enfant est l’objet de pratiques éducatives différenciées selon son sexe », souligne André Grelon, sociologue, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Une différence qui s’exprime à la fois dans les attentes et dans les comportements des parents et professeurs. À l’école, il existe des schémas sexistes en mathématiques du type : « Jean a résolu l’équation, il passe la solution à Sophie ». De même, les jeunes filles manquent singulièrement de figures tutélaires, de figures de femmes à l’autorité morale et scientifique reconnue, qui constitueraient des modèles d’identification. Moins stimulées que les garçons, moins encouragées à l’autonomie, les filles sont considérées comme peu douées pour les sciences. « On les rassure quand elles n’y arrivent pas, on leur dit de laisser tomber, alors qu’on incite les garçons à se donner le mal de trouver le résultat », déplore Claudine Hermann.
D’après les études actuelles, guère différentes des travaux sociologiques antérieurs, l’ambition des parents pour leurs filles est principalement la réussite dans le domaine personnel et familial. De ce fait, elles seraient moins contraintes de réussir socialement. Or, rappelle André Grelon, « les sciences sont l’équivalent du latin autrefois, la voie de l’excellence. »

Science et genre

METATRONLa prédominance des garçons dans les filières scientifiques “prestigieuses” s’explique par la mise en place de stratégies où parents, enseignants et élèves masculins semblent poursuivre le même objectif : assurer l’accès des garçons à ces filières. Ainsi, ce n’est pas le “goût” pour les sciences qui explique que la voie scientifique soit convoitée par les garçons, mais bien l’ambition d’accéder aux positions sociales qu’elle autorise par la suite. Inversement, les filles, même avec de bons résultats scolaires, sont moins poussées par les parents et les enseignants vers “la voie royale”. L’école véhicule encore l’“effet Pygmalion inversé”, selon l’expression de Pierre Bourdieu, c’est-à-dire une sorte d’espérance subjective négative quant à l’orientation des filles vers les filières scientifiques. Les filles, donc, sont entretenues dans leur manque de confiance en elles par leur entourage immédiat. Celles, rares, qui finissent par choisir l’orientation vers un métier scientifique ont un score d’estime de soi supérieur aux autres filles et comparable à ceux des garçons.
L’association Femmes et Sciences s’attaque aux stéréotypes qui contribuent à écarter les filles des filières scientifiques. Des conférences dans les collèges et lycées sont organisées, pour que des femmes de sciences y parlent de l’aspect passionnant de leur métier, en le rendant plus concret. Dans les brochures qu’elle édite en partenariat avec des institutions publiques et privées, l’association “vend” aux filles les métiers scientifiques. « Les sciences, à quoi ça sert ? À satisfaire sa curiosité, améliorer la qualité de la vie, comprendre le fonctionnement de l’environnement, et avoir, pour finir, un métier passionnant. »
Surtout, ces femmes véhiculent l’idée que la science peut être pratiquée par des femmes qui ne renient en rien leur féminité ni leur rôle social. Car là se situe la pierre d’achoppement entre sciences et filles. Les choix qu’elles expriment en termes d’attirance ou de goûts pour une discipline ou une profession donnée peuvent être lus comme le résultat de l’intériorisation d’un habitus sexué. En l’occurrence, chez les filles, plongées dans un univers où la science est considérée comme un monde masculin, se forment de façon inconsciente des inclinaisons à penser et à percevoir la science comme ne pouvant pas faire partie de leurs préoccupations.
La science n’étant pas “féminine”, il leur est difficile, au moment de la construction de leur identité, de s’y intéresser, sous peine de se sentir exclues de leur groupe social d’appartenance. Car si le sexe fait référence aux différences biologiques entre les mâles et les femelles, le “genre” renvoie à la culture, et aux classifications sociales et culturelles du féminin et du masculin. Le plus souvent, les filles optent pour des choix conformes à leur genre. Avant même de penser à fonder une famille, les lycéennes intègrent la division sexuelle des tâches, et prévoient, si ce n’est d’arrêter toute activité professionnelle, du moins de la ralentir à la naissance de  leurs enfants. À l’heure où les textes officiels français accordent un congé parental aussi bien à la mère qu’au père, une étude, réalisée en novembre 2006, relève que la loi est en avance sur l’évolution des mentalités. Les garçons restent largement moins nombreux que les filles à envisager de ralentir leur activité à la naissance de leurs enfants.
Pour Claudine Hermann, « sur la question des femmes en sciences, la France n’est pas le paradis, mais il y a des pays où c’est pire encore : en particulier l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, où beaucoup de femmes font des études supérieures poussées et s’arrêtent complètement de travailler parce qu’il y a très peu de structures pour la petite enfance. »
Aussi, Catherine Ferrant, directrice de l’Innovation sociale chez Total, estime-t-elle qu’il faut « gérer la maternité comme quelque chose de clos, de circonscrit à une durée de quelques mois. » Il s’agit d’intégrer le fait maternel dans la gestion de carrière et, plus généralement, de déféminiser le work-life balance. Pour Manoelle Lepoutre, directrice de la Recherche et du Développement de la branche Exploration & Production de Total, il faut remplacer le concept de “maternité” par celui de “parentalité”. Pour lutter contre l’inégalité de la progression dans l’entreprise, Total a mis en place une série de mesures visant à “dépénaliser” la maternité. Ainsi une femme en congé maternité bénéficie-t-elle d’une augmentation individuelle salariale annuelle au moins équivalente à la moyenne de celles obtenues au cours des trois dernières années. Une idée reprise aujourd’hui par bon nombre d’entreprises, et un slogan efficace : « Les femmes ne doivent pas se retrouver avec un bébé sur les bras, mais dans les bras ! »
Par ailleurs, la mobilité, point essentiel dans un Groupe qui exerce ses activités dans plus de 130 pays, doit être facilitée. L’entreprise prend en considération la maternité future des femmes, en leur proposant aussi une expatriation en début de carrière. En outre, Total a passé un accord avec une vingtaine d’entreprises, pour que les conjoints des expatriés – qu’ils soient salariés de Total ou de l’une des entreprises signataires – soient certains de retrouver leur emploi à leur retour. « Aujourd’hui, la question de la mobilité géographique n’est plus un problème de femme ou d’homme mais un problème de couple », constate Catherine Ferrant. « Le secteur privé est en avance sur le secteur public dans tous ces domaines », reconnaît Claudine Hermann. En effet, l’entreprise met tout en œuvre pour s’adjoindre et conserver tous les talents. Il faut dire qu’il a un certain retard à rattraper, le secteur public bénéficiant d’une image plus favorable aux femmes. En 2003, l’Union européenne comptait 18 % de femmes parmi les chercheurs dans le secteur privé contre 35 % dans le public.

Soulever le “plafond de verre”

En 2006, chez Total, 19 % des cadres et 7 % des cadres dirigeants sont des femmes. En 2010, les objectifs fixent respectivement ces taux à 25 % et 12 %. On pourra compter sur l’ambition féminine pour les atteindre. Une étude de février 2005, commandée par les anciennes de huit des plus grandes écoles françaises (Centrale Paris, Mines, Polytechniques, l’ENA…) malmène en effet les idées reçues. Les répondantes, anciennes élèves, affirment avoir choisi une grande école pour faire carrière. Pour elles, réussir, c’est avant tout réussir professionnellement, même parmi celles qui ont des enfants. Pourtant, elles ne sont que 15 % à faire partie du comité de direction de l’entreprise qui les a embauchées. Peu nombreuses, donc, à atteindre les plus hauts degrés de l’organigramme, elles se heurtent à ce que l’on appelle, en sociologie, le “plafond de verre”. Invisible, cette barrière n’en est pas moins réelle. Cependant, elle semble s’amenuiser avec le temps. Ainsi, à l’ère des “pionnières” – les toutes premières femmes ingénieurs exerçant leur métier jusque dans les années 1970 – succède une période de “banalisation”. Comme les hommes, elles se mettent à investir les entreprises et tendent à occuper des postes à responsabilités auxquels elles n’auraient jamais pu aspirer autrefois. Cette “banalisation” est relative : elles restent encore peu nombreuses à ce niveau-là de l’organigramme.
Rien d’étonnant à cela : la science est un savoir “prométhéen”, c’est-à-dire un savoir fondant un pouvoir. Ainsi, lorsque l’on s’intéresse à la question des femmes dans la science, il faut aussi s’intéresser à la place de la science et à celle de la femme dans la société. « À l’origine, les corps d’ingénieurs étaient des corps militaires, donc composés d’hommes, rappelle André Grelon. Il était tellement évident que les écoles d’ingénieurs étaient réservées aux hommes que cela n’a même pas été mentionné dans les textes fondant ces établissements. Au XIXe siècle, il n’était pas question que les femmes, dont les bons esprits pensaient qu’elles avaient des cerveaux différemment constitués, s’intéressent à ces disciplines, pas plus qu’au droit, dont on croyait qu’il risquait de leur dessécher la matrice ! » Certaines études récentes montrent que les femmes sont écartées des secteurs de recherche et développement les plus compétitifs. Et si, en Europe centrale et de l’Est, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, on note un accroissement du nombre de femmes scientifiques, elles occupent encore, pour la plupart, les places laissées vacantes dans la recherche publique par les hommes qui préfèrent rejoindre le secteur privé où ils sont mieux rémunérés. Dans les secteurs traditionnellement plus féminisés, comme celui de la santé, la ségrégation devient aussi horizontale. Les spécialisations les plus rémunératrices, comme la chirurgie ou la radiologie, restent masculines.
« Les phénomènes civilisationnels évoluent très lentement », note André Grelon, qui oppose les transformations dans le monde du travail aux pesanteurs au sein de la cellule familiale. Selon une enquête de l’Insee, rappelle le chercheur, en sept ans, la participation aux travaux du ménage des hommes a augmenté de… onze minutes par jour. Même lorsque les deux travaillent à temps complet, les femmes consacrent deux fois plus de temps aux tâches domestiques que les hommes. Il reste très difficile pour les femmes de concilier vie professionnelle et vie de famille, tant il est vrai que le rôle de la femme, même lorsqu’elle a autant d’obligations professionnelles que l’homme, reste prépondérant dans le foyer.
Pour Manoelle Lepoutre, il faudrait surtout modifier les habitudes de “présentéisme”, en France notamment. Elle note que « plus qu’une division en fonction du genre, c’est une question de culture ». Une idée qu’Isabelle Bétremieux, directrice technique des résines liquides chez Cray Valley, une des filiales de la branche Chimie de Total, exprime ainsi : « La vie est devenue beaucoup plus simple pour moi depuis que j’occupe un poste de manager, car je fixe moi-même l’heure des réunions ! » Afin d’accélérer les évolutions sociétales, certains pays ont opté pour des mesures de discrimination positive. L’Autriche, après avoir été l’un des plus mauvais élèves de l’OCDE sur ce sujet, s’est engagée dans cette voie. Sans résultat probant. Les stratégies d’évitement déployées par le middle management n’ont pas permis de faire évoluer la situation. « Le progrès n’est jamais constant et un des rôles du sociologue consiste à conscientiser les pesanteurs », rappelle André Grelon.
Les politiques de “discrimination positive” sont souvent mal perçues par les hommes et par les femmes elles-mêmes. Claudine Hermann, elle, se déclare un « pur produit des quotas ». Entrée à l’École normale supérieure de jeunes filles, elle constate que, depuis que l’ENS est devenue mixte, la proportion des filles normaliennes a chuté en mathématiques et dans sa discipline, la physique. Elle ajoute que « les jeunes femmes sont contre les quotas, mais lorsqu’elles réalisent, bien plus tard, qu’elles n’ont pas fait la carrière escomptée, elles revoient leur jugement ». Pour Catherine Ferrant, la question est complexe et il faut la gérer “en dentellière”. « La diversité, c’est aussi une machine à fabriquer des anxieux et des déçus ! », remarque-t-elle. Certains hommes peuvent se demander s’il faut alors « porter une jupe pour être promu ».

La diversité à l’honneur

DDI-HOMOMalgré la multiplicité des points de vue sur les moyens d’action, la société comme l’entreprise ne pourront échapper aux questionnements suscités par la trop grande homogénéité de leurs couches dirigeantes. « Le client du XXIe siècle n’est pas un homme blanc ! », signale Claudine Hermann, mentionnant une anecdote pour illustrer son propos : « Dans un grand institut de recherche appliquée allemand, un dispositif d’ouverture de porte à reconnaissance vocale a été mis en place. Comme l’équipe ne comprend que des hommes, ce système ne reconnaît pas les voix aiguës. Mais on ne peut pas perdre la moitié du marché ! ». Pour André Grelon, « il est indéniable que, pour bien orienter l’entreprise, surtout dans des secteurs stratégiques comme celui de l’énergie, il faut être capable de prendre en compte les évolutions des environnements extérieurs. Cela passe par la mise en commun d’une diversité d’opinions, de points de vue, de cultures, et nécessite d’intégrer toutes les couches de la
population. » Une idée que Catherine Ferrant partage : « Des études européennes ont montré que, si dans un premier temps les équipes diverses sont plus difficiles à gérer, elles sont finalement plus efficaces, plus créatives. » Selon un rapport européen, les inégalités entraînent la perte de potentiels et l’excellence requiert la diversité. Ainsi, la diversité serait à la fois bonne pour les affaires et pour la science !
Gérer la question de la féminisation en apportant les solutions concrètes les plus adaptées n’est pas chose aisée. Pour y parvenir, de nombreux ponts sont jetés entre le monde de l’entreprise et celui de la recherche en sciences sociales. Deux mondes bien distincts qui ont parfois du mal à se comprendre. « Le temps de l’entreprise n’est pas le même que celui de la sociologie », remarque Claudine Hermann. Dominique Méda, philosophe et sociologue, qui a participé à la dernière conférence “Diversités plurielles” organisée par l’Université Total, étudie les ressorts de l’engagement des jeunes pères dans la famille, ce qui permettra, à terme, de développer au sein de groupes industriels, les mesures les plus appropriées. Ainsi, réfléchir à la question de la féminisation revient aujourd’hui à s’intéresser aussi aux hommes ! De même, réfléchir à la question de la féminisation permet également de nourrir la réflexion sur les questions d’internationalisation. Pour Catherine Ferrant, « la recherche de l’égalité ne va pas sans le respect de la différence. Cette différence, il faut la conserver. C’est la beauté et la limite de notre travail », conclut la directrice Innovation sociale.

* Visiter à ce propos le site pédagogique www.planete-energies.com, conçu par Total et destiné aux jeunes publics et aux enseigants.

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