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Chiffres clés
2001 : une nouvelle étape dans la croissance du Groupe  
Thierry Desmarest
Président-
directeur général
 

2001 restera une année marquante dans l'histoire de notre Groupe. Le rapprochement entre Totalfina et Elf Aquitaine, officialisé début 2000, a tenu toutes ses promesses. Il nous a permis de bénéficier depuis cette date de synergies très importantes. Grâce à ces synergies, jointes aux efforts de productivité et de croissance des productions, nous avons pu maintenir nos performances dans une conjoncture économique et pétrolière marquée par un net affaiblissement au cours du second semestre.

Mais l'année 2001 est également celle où nous avons dû faire face à la catastrophe industrielle la plus grave à laquelle ait été confronté notre Groupe. L'explosion survenue le 21 septembre en France à l'usine AZF Grande Paroisse de Toulouse a coûté la vie à 30 personnes et a fait 2 500 blessés ; elle a provoqué des dommages humains et matériels considérables. Face à cette tragédie, le Groupe tout entier a été meurtri. Solidaire des victimes de l'explosion, il s'attache à remédier aux conséquences de cette catastrophe dont les causes à ce jour restent encore inexpliquées.

Le risque fait partie intégrante de nos activités. Il nous revient de chercher à le maîtriser toujours davantage, afin que nos activités puissent exprimer tout leur sens auprès de la collectivité sans l'exposer à l'inacceptable. Nous sommes conscients de nos responsabilités. TotalFinaElf continuera ainsi d'accorder une priorité absolue dans ses opérations à la sécurité des hommes, au respect de l'environnement, à la recherche de l'excellence dans la mise en œuvre des installations.

Dans cette perspective, nous avons modifié notre organisation en matière de sécurité, d'environnement et de développement durable, avec notamment la nomination d'un Directeur Sécurité Groupe aux pouvoirs étendus. Les échanges d'expertise et l'analyse des meilleures pratiques en France et hors de France sont systématisés. Le Groupe poursuit en parallèle la mise en place d'outils nouveaux qui permettront à un large public de mesurer ses performances en matière de sécurité et de respect de l'environnement et de suivre leur évolution dans le temps.

Dans le secteur Amont, notre objectif de production de 2,2 millions de barils équivalent pétrole par jour (bep/j) pour l'exercice 2001 a été atteint. Nos réserves, en progression de 2 %, s'élèvent à près de 11 milliards de barils équivalent pétrole (bep), soit plus de 13 années de production de l'année écoulée. à l'inverse de certains concurrents, TotalFinaElf a toujours gardé un rythme élevé d'investissements, même dans les périodes où le prix du brut était bas.
Aujourd'hui, les projets lancés dans un tel contexte par le Groupe, et dont il est l'opérateur, sont au rendez-vous de la croissance : Elgin/Franklin en mer du Nord, Girassol en Angola, Sincor au Venezuela, South Pars en Iran. Ces projets contribueront fortement à la croissance des productions qui devrait s'établir à 10 % entre 2001 et 2002.

D'autres projets de grande taille et à bas coûts techniques sont déjà lancés, qui prendront le relais de ces réalisations. Ils s'inscrivent dans le cadre de la poursuite d'une croissance de nos productions d'hydrocarbures à un rythme supérieur à la moyenne des compagnies pétrolières internationales, qui renforce, année après année, nos positions en matière de réserves et de production.
Le Groupe est confiant dans sa capacité à atteindre une production de 2,8 millions de bep/j en 2005 et à maintenir un niveau élevé de croissance dans les années qui suivront.

Pour mieux valoriser ses réserves, TotalFinaElf poursuit son intégration dans l'aval de la filière gazière. Cette politique est illustrée, en 2001, par des prises d'intérêts dans des réseaux de transport de gaz et des participations nouvelles dans des centrales électriques, en Amérique latine et en Europe.

Dans le secteur Aval, le raffinage européen a été confronté à une dégradation de ses marges, par rapport à celles observées en 2000. Dans un tel contexte, l'abaissement continu du point mort des raffineries du Groupe, de 20 dollars la tonne il y a dix ans à 9 dollars aujourd'hui, constitue un atout décisif. Il permet aux activités de raffinage de TotalFinaElf de conserver une bonne rentabilité dans un environnement moyen et de contribuer de manière positive au résultat du Groupe dans des situations de conjonctures dégradées. La poursuite des plans de synergie et de productivité du secteur a permis, avec un apport d'environ 700 millions d'euros au résultat opérationnel de 2001, de fortement atténuer l'impact négatif du repli des indicateurs de marché.

La bonne performance de l'Aval, dont le résultat opérationnel hors éléments non récurrents atteint 3 milliards d'euros en 2001, est également le fruit de nos fortes positions.
TotalFinaElf est le numéro un du raffinage et de la distribution en Europe et coleader en Afrique. Nos raffineries européennes sont parmi les plus efficaces, grâce à l'optimisation de leur pilotage et la mise en valeur de leurs spécificités. Notre réseau, près de 17 000 stations, est l'un des plus performants et nos trois marques, Total, Fina et Elf, sont parmi les plus connues et les plus appréciées par les usagers.

La Chimie de TotalFinaElf a été confrontée en 2001 à des conditions de marché très dégradées dans chacune de ses branches d'activité : Pétrochimie et Grands Polymères, Intermédiaires et Polymères de performance, Spécialités.
Le résultat opérationnel de la Chimie hors éléments non récurrents s'inscrit ainsi en baisse de 33 % par rapport à l'année précédente. Ce repli est moindre que celui enregistré par nos principaux concurrents. La chimie de base est une activité par nature cyclique. La rigueur avec laquelle nous la gérons et les programmes d'extension de ses grands sites permettront d'obtenir des succès importants dès que le marché des produits chimiques sera mieux orienté.

Le résultat net part du Groupe de l'année 2001, hors éléments non récurrents, s'est élevé à 7,52 milliards d'euros, en diminution de 2 % par rapport aux chiffres de l'an 2000, année où la conjoncture avait été nettement plus favorable.

Dans un environnement pétrolier très volatil, TotalFinaElf est attentif à conserver une situation financière solide. Elle se traduit en particulier par un ratio de dettes nettes sur fonds propres ramené à 31 % à fin 2001, contre 33 % à fin 2000 et 50 % à fin 1999. Le Groupe est ainsi en mesure de résister aux aléas de son environnement, tout en poursuivant sa croissance.
Le cash flow généré par les opérations en 2001 a été renforcé par un programme important de cessions d'actifs : les désinvestissements, évalués au prix de cession, ont atteint 7 milliards d'euros. Ils comprennent notamment la cession d'une partie des titres Sanofi-Synthélabo et Cogema, celle des titres Ultramar Diamond Shamrock et la cession des actifs Aval en France, suite aux engagements pris auprès de la Commission européenne.

Le cash flow disponible dont a disposé le Groupe lui a permis de racheter, en 2001, 39 millions de ses propres actions, pour un montant de 6,1 milliards d'euros. Compte tenu de ces achats, le bénéfice net par action hors éléments non récurrents s'est établi à 10,85 euros, dépassant le niveau record atteint l'année précédente. TotalFinaElf a poursuivi en 2001 un programme d'investissements, qui, rapporté à la taille, est parmi les plus élevés de l'industrie. Les investissements bruts se sont établis à 10,6 milliards d'euros, en progression de 27 % par rapport aux réalisations de l'année 2000. En 2002, les investissements devraient se maintenir à un niveau proche de 10 milliards d'euros, avec une forte priorité donnée à la croissance du secteur Amont.

En 2001, le démarrage de grands projets innovateurs a mis en lumière la capacité de nos équipes à conduire avec succès des projets ambitieux. Moins de deux ans après la constitution de TotalFinaElf, la cohésion culturelle et humaine de l'ensemble des femmes et des hommes qui constituent le Groupe partout dans le monde est un atout majeur pour l'avenir.

Fort de cet atout, d'un large portefeuille de projets, d'une solide situation financière, de la confiance de ses actionnaires, TotalFinaElf est en mesure de poursuivre un développement soutenu et équilibré, affirmant sa vocation mondiale. Nous sommes particulièrement attentifs à ce que ce développement s'inscrive dans une démarche visant à préserver les milieux naturels et la qualité de vie à laquelle chacun dans le monde aspire légitimement pour lui-même et pour les générations futures.

Thierry Desmarest


Questions à Thierry Desmarest

Quel jugement portez-vous sur la performance de TotalFinaElf en 2001 ?
"Le Groupe a démontré sa capacité à résister mieux que ses grands concurrents au repli de l'environnement pétrolier intervenu dans la seconde partie de l'année 2001. La croissance de nos productions d'hydrocarbures, la réduction des coûts, la réalisation de nos programmes de synergies et de productivité en avance par rapport aux objectifs initiaux se traduisent par une amélioration des performances intrinsèques de TotalFinaElf et une robustesse globale accrue."

La baisse marquée du prix du brut au second semestre de 2001 hypothèque-t-elle le lancement de nouveaux projets dans le secteur Amont ?
"D'une manière générale, la réalisation de nos grands projets s'étale sur des durées de construction de trois ou quatre ans. Ceux qui commencent à produire aujourd'hui, comme Elgin/Franklin au Royaume-Uni, Girassol en Angola et Sincor au Venezuela, ont été lancés en 1997-1998. Leur très bonne qualité nous a permis de ne pas les différer à une époque où le prix du pétrole était faible. Le portefeuille de nouveaux projets que nous lançons actuellement résiste également très bien à la baisse du prix du pétrole puisqu'il vise, en moyenne, une rentabilité de 17% pour un prix de 17 dollars par baril. Le Groupe est donc en mesure de poursuivre ses projets dans l'exploration et la production d'hydrocarbures."

L'important programme de rachat d'actions réalisé en 2001 a contribué à maintenir le niveau du bénéfice par action à son niveau record de 2000. Ce programme sera-t-il aussi important cette année?
"Nous allons poursuivre en 2002 notre programme de rachat d'actions, ce qui devrait permettre, dans un environnement pétrolier constant, de contribuer à l'amélioration du résultat net par action. Ce programme sera, comme l'année précédente, financé principalement par le produit de la cession d'actifs. Comme les cessions d'actifs devraient représenter environ 2 milliards d'euros en 2002 contre 7 milliards en 2001, le programme de rachat d'actions devrait être moins important cette année."

En quoi les quatre grands projets Amont qui ont récemment démarré diffèrent-ils de développements plus conventionnels ?
"Le développement du gisement d'Elgin/Franklin est le plus important conduit en mer du Nord britannique depuis plus de vingt ans. Sa réalisation a nécessité de nombreuses innovations technologiques.
En Angola, la mise en production de Girassol, par 1 350 m de profondeur d'eau et à 150 km au large des côtes, signe le plus important développement offshore par grande profondeur d'eau au monde.
Au Venezuela, le démarrage du projet Sincor et de sa production d'huile synthétique de haute qualité à partir des bruts lourds de l'Orénoque est un événement de première importance : il confirme, sur le plan tant économique que technologique, la faisabilité de projets de valorisation de ces pétroles dont les réserves sont très importantes.
Enfin, en Iran, le développement de South Pars se distingue par la taille exceptionnelle du champ de gaz et la capacité à transporter simultanément du gaz et des condensats sur une longue distance. Tous ces développements, opérés par TotalFinaElf, ont été mis en production en ligne avec les objectifs prévus."

Avez-vous tiré des enseignements, en matière de sécurité, de la catastrophe de Toulouse ?
"L'amélioration de la sécurité industrielle a toujours compté parmi nos préoccupations prioritaires. Nous sommes évidemment, après l'explosion dramatique survenue à l'usine AZF de Toulouse, plus que jamais attentifs à l'amélioration de la sécurité du personnel et à la sécurisation de nos sites. Cela est une quête permanente et notre vigilance ne doit pas se relâcher. Nos performances en la matière sont aujourd'hui dans la moyenne de celles de nos grands homologues industriels. Notre volonté est de franchir une nouvelle étape et de nous hisser au rang des meilleurs. Cela passe notamment par le renforcement de nos procédures et de nos pratiques, comme la réduction des stockages de produits dangereux sur les sites proches des agglomérations. Nous consacrons, d'ores et déjà, 25 à 30 % des budgets d'investissement des installations existantes à la sécurité."

 
 
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